Un papier vous a tapé dans l’œil dans The Guardian britanique

Signé de votre ami Eric, Timothy Garton Ash, qui avait signé l’une des innombrables tribunes contre la nouvelle commission européenne, remplis disait-il d’eurocrates périmés. Eh bien ce matin dans The Guardian il fait part de la réaction à ce papier d’un jeune italien qui lui a répondu "Je suis furieux après tout ce que vous avez écrit". Et voilà, c’est du jamais vu, que Timothy Garton Ash s’en félicite. Que la génération Erasmus et easyjet, cette génération de l’enchevêtrement transnational, transnational intermingling se mette un peu plus à défendre l’Europe.

Elle a besoin de vous, de vous qui prenez toutes ces libertés comme des choses acquises, la liberté de travailler, celle de tomber amoureux ailleurs et partout, même si le prêtre catholique de Rotterdam du XVIIème siècle qui donne son nom à votre programme d’échange doit s’étonner quelque peu d’être devenu synonyme de libertés sexuelles...

Peu importe, merci à Mario de votre colère. Allez-y, soyez encore plus en colère, en colère contre nous, mais changez l’Europe, elle en a rudement besoin ! La presse conservatrice traditionnelle devient de plus en plus gênée par les anti-européens....

Même The Mail et The Express ne savent pas trop comment traiter la dernière sortie ce weekend de Nigel Farage, le leader du parti indépendantiste en Grande Bretagne qui, après être arrivé avec deux heures de retard à un meeting, a expliqué que ce retard était dû aux embouteillages qui sont, je cite, "le résultat direct de la politique de la porte ouverte aux immigrés".

LeFrankfurter Allgemeine Zeitung , lui, est de plus en plus gêné sur sa première page par le mouvement Pegida, cette nouvelle colère qui arrive de l’Est de l’Allemagne. C’est l’acronyme en allemand pour les patriotes contre l’islamisation de l’occident et qui organise depuis deux mois tous les lundis des défilés à Dresde, à l’instar des manifestations du lundi d’il y a 25 ans qui ont contribué à la chute du mur de Berlin. Autre initiative qui gêne la presse de droite, imposer la langue allemande à la maison Elle vient du CSU, la branche bavaroise de la droite allemande dans une tentative de regagner des électeurs tentés par l’Alternative pour l’Allemagne. Même Die Welt trouve cette idée absurde, avertissant que chaque rapprochement de la droite traditionnelle avec l’extrême droite nuira à la réputation de notre pays et de notre chancelière à l’étranger. Justement, parlons-en, avec une nouvelle prise de bec entre Angela Merkel et l’Italie, reproduite dans les unes de la péninsule. Dans celle de La Repubblica elle avertit, « Italie et France, vos réformes sont insuffisantes ». La Stampa choisit plutôt comme titre la réplique sèche du gouvernement italien « qu’elle s’occupe de l’Allemagne ».

A ce propos, il faut dire que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon hier, invitant la chancelière allemande à, je le cite, "la boucler", ne sont pas tombés dans l’oreille de sourds, notammentLe Matin en Suisse toujours à l’affut de bisbilles politiques de l’autre côté des Alpes. Mais Madame Merkel a ses défenseurs ce matin Son propre ministre des Finances, Wolfgang Schäuble qui ne tarit pas d’éloges à l’égard de sa patronne dans le Süddeutsche Zeitung . Elle est sans doute moins « cocorico et hourra » que Napoléon, mais dans les faits, nettement plus efficace. Et na ! Ou au moins son équivalent en allemand...

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