Une drôle de proposition…

...Mettez des oreilles d’âne et prenez un selfie. C’est le journal portugais Publico qui nous y invite, en nous rappelant que nous célébrons aujourd'hui, le 8 mai, la Journée internationale de l'âne. Cette initiative curieuse est sensée attirer l'attention sur l'âne autochtone au Portugal, l’âne Miranda. Nous la devons à l'Association pour l'étude et la protection asinine, qui l’a conçue en collaboration avec un autre groupe encore plus farfelu intitulé We Came From Space (« nous sommes arrivés depuis l’espace »). L’idée, c’est donc d’organiser un concours pour trouver la photo la plus originale.

A cette fin, des oreilles prédécoupées sont même disponibles en format pdf à télécharger. Le journal de Lisbonne explique que le but de tout ceci est de «déconstruire l'image lourde et négative» associée à des oreilles d'âne, impliquant des enfants dans un processus personnel, créatif et amusant pour gommer l’idée de honte traditionnellement associée à ces animaux.

Les choses ne s’arrangent pas en effet avec la une du Tageszeitung allemand...

...qui explique quel’Europe n’existe pas . Le journal interroge un géographe Hans-Dietrich Schulz, qui refuse de valider l’Europe comme entité géographique. La question est de toute façon mal posée, dit-il. Mayotte fait partie de L'Union Européenne – la Turquie non. La question serait plutôt de savoir qui a dénaturé l’Europe pour les intérêts politiques car il s’agit d’un concept abstrait plutôt qu’une réalité contenue dans des frontières qui ont un sens pour le géographe.

Son affirmation trouve un écho déconcertant dans un article de l’Unità en Italie ce matin, sous le titre « Où est l’Europe ? » , mais pour une toute autre raison. La rédaction a regardé le JT de 20h de la RAI d’hier soir, outré de constater qu’à 16 jours de la clôture de la campagne électorale on parle de tout, sauf de l’Europe – aucun reportage, aucune référence même au fait que le 25 mai on rénove de fond en comble le parlement de Strasbourg.

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Plusieurs titres reproduisent un entretien avec Martin Schulz

(Il y a plein de Schulz ce matin). Le candidat des socialistes européens à la présidence de la Commission insiste dans Le Soir de Bruxelles sur le fait qu’il faut montrer aux Européens que leur vote compte.

Dans le Süddeutsche Zeitung, il explique quel’Europe c’est un peu comme Christophe Colomb, il faut tout redécouvrir, tout réinventer pour des institutions plus fiables.

[La Stampa](La Stampa), en Italie, titre que Schulz et son adversaire de droite Juncker sont en tout cas « unis contre les populistes ».

L’un d’entre eux, justement, Geert Wilders, est à la une chez lui en haut du Telegraaf néerlandais réaffirmant qu’il ne voit aucun obstacle à un travail avec le Front national et le parti de la liberté autrichien . Il l’a réaffirmé hier dans un meeting. Le Front national n’est pas parfait, c’est le titre du journal, notamment avec ses relents d’antisémitisme qui dérangent même l’extrême droite néerlandaise mais Wilders répond là-dessus : « J’ai regardé Marine le Pen droit dans les yeux, et si je pensais que ce n’était pas quelqu’un de bien, je n’irai pas à la mer avec elle » (ce qui doit être une expression locale).

De toute façon, la démocratie est une chose fragile, en témoigne ce titre et surtout cette photo qui étonnent sur la première page du Frankfurter Allgemeine Zeitung ce matin. On y voit Hitler, que la rédaction a choisi pour illustrer un sondage où 29% des Autrichiens affirment qu’ils souhaiteraient être dirigés par un leader fort. Cela n’a pas l’air si choquant en soi, sauf que le mot proposé dans le sondage, et reproduit donc en titre, c’est justement en VO le « Führer », littéralement « celui qui mène ».

Petit voyage entre Nomismatokopio, Doukissis Plakentias, Evangelismos et Nerantziotissa

Ce sont des stations dans le métro d’Athènes. Eleftherotypia s’amuse d’un nouveau plan à destination des touristes où l’on a eu l’idée un peu bizarre de traduire les noms des stations en « gringlish », un mélange de grec et d’anglais, ce qui donne__ des choses fort sympathiques.

Cela va du pittoresque, le petit monastère, « le verger des olives », « la ville la plus haute », à des haltes un poil plus surréalistes, car le voyageur ébahi risque de descendre parmi « le peuple des chèvres », ou d’emprunter une correspondance « sur le sol à casser des pierres », de descendre « dans le ravin de l’oncle » ou de faire des rencontres inattendues, voire poignantes dans une station baptisée « la dame amère et orange ».

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