Après la récente polémique sur les Roms, jetons un oeil sur les journaux roumains

Le journal Adevarul, "la Vérité ", est outré par les prises de position du gouvernement français, et aussi par la même occasion par la pétition lancée par Nadine Morano pour s’opposer à l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen à partir du premier janvier prochain : « Ainsi, en Europe occidentale, être patriotique revient à se positionner contre les étrangers. Nous, les Roumains, avons-nous signé des pétitions contre tous ces entrepreneurs français qui sont venus chez nous pour faire des bénéfices sur le dos de nos travailleurs ? Maintenant la France veut stopper notre entrée dans Schengen, en dépit de tous les efforts que nous avons fournis ! Les Français en ont assez des Roms, certes, mais comment vont-ils résoudre ce problème en mettant notre pays sur une liste d'attente ? L'Europe occidentale a certes des maux de tête sévères, mais cela vient surtout de son complexe de supériorité à l’égard des pays de l'Est. Ce sont des clowns qui font leur numéro sur la scène improvisée de quelques vieux concepts élitistes ! »

Controverse en Hongrie sur des manifestations anti-roms

Le journal Nepszabadsag, à Budapest, est irrité par la conclusion d’une enquête de la police hongroise après des manifestations contre le Roms, organisées par le parti d’extrême droite Jobbik au mois d’août.

La police a conclu qu’il n’y a pas eu de délit, en dépit de nombreuses agressions. "Si ce n’est pas de la haine, qu’est-ce que c’est ?" demande l’éditorial du journal. "Tous les gens blessés, les coups, les violences commises à l’encontre des passants, c’est juste le fruit du hasard ce jour-là ?"

Le journal s’appuie sur le Comité Helsinki de Hongrie, qui a l’ intention de lancer une plainte contre la décision.

« Le rôle de la police est de protéger nos minorités. La voie de la violence commence toujours par les paroles et le manque d’action. » regrette le journal budapestois.

En Pologne aussi une question sur les Roms et l’enseignement

Le Gazeta Wyborscka est étonné, et surtout pas d’accord de constater qu’à Poznan il y ait une initiative en faveur d’une école réservé aux enfants des Roms.

Les écoles ethniques ne sont pas une bonne idée, affirme le journal. D'année en année, de plus en plus de Roms envoient leurs enfants à l'école primaire ensemble avec les enfants polonais, et c’est un signe du succès de la stratégie du gouvernement. Sans un partenariat intelligent avec les parents c’est impossible d'atteindre cet objectif. Il ne s'agit pas seulement du droit à l’enseignement, mais surtout, l'école est un lieu d'intégration. C'est là que des enfants issus de la minorité apprennent le » vivre ensemble ».

En parlant de vivre ensemble, papier intéressant en Pologne toujours, pays que l’on imagine très catholique "Les athées polonais veulent peindre le ciel de toutes les couleurs", c’est la Une de la Gazeta , puisque tous les hommes sont divins. Il s’agit d’une nouvelle campagne d’affiches ce mois-ci dans les villes polonaises autour du slogan "les athées sont divins". Cette campagne est organisée par la Fondation de la Liberté contre la religion et soutenue par l'Association polonaise des rationalistes. Dire en public que l’on n’est pas croyant est perçu par certains comme le franchissement des frontières, et même le blasphème. "Les athées sont moins chauvins que les autres Polonais", rappelle le journal, "et plus ouverts sur des questions de société comme l’homosexualité".

Initiative surprenante en Russie

C’est dans Izvestia. La Douma conçoit d’imposer désormais une taxe sur les marques qui portent des noms étrangers sur le marché russe.

Elle a préparé un projet de loi visant à obliger les producteurs de biens avec des noms étrangers à payer des frais supplémentaires. Les Russes ont tendance depuis la fin de l’ère soviétique à acheter davantage les noms de marques à consonance étrangère.

Le journal parle de la « rage » des députés du Douma. La taxe sera certes symbolique, de 1% seulement, mais le parlement russe tient ainsi à souligner, "le privilège de trouver les mots russes appropriés".

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