Dans 10 jours, certains ne seront peut-être plus Britanniques !

J’ai une bonne nouvelle pour les journalistes français qui parlent toujours du gouvernement anglais quand il faudrait dire « britannique », et pour tous ceux qui n’ont jamais compris pourquoi on doit voter, ou pas la plupart du temps, pour la chanson du Royaume-Uni au Concours Eurovision.

Dans 10 jours, la Grande-Bretagne risque d’imploser en raison du référendum écossais sur l’indépendance. Pour la première fois ce week-end, un sondage a donné une légère avancée, avec 51%, au camp du oui, « yes », ou comme on dit sur place en Ecosse, et ça tombe on ne peut mieux : « aie ! »

La panique est palpable dans la presse anglaise

Elle est convulsive même à Westminster selon The Mail .Ne faites pas de moi la dernière Reine d’Ecosse, la une du Mirror montre la reine inquiète. Elle a fait part de ses inquiétudes, « her great concern », hier à David Cameron, et dans un geste d’ultime résistance politique peut-être, compte passer le jour du scrutin à Balmoral, son château résolument écossais.The Mail est furieux. Le vote est tellement serré que le sort de la Grande-Bretagne dépendra de 500 000 « non » écossais, y compris des Européens de l’est qui vivent en Ecosse.

The Telegraph brandit la menace du ministre de l’Economie londonien, « pas de si, pas de mais, vous ne garderez pas la livre sterling si vous partez », sous-entendu vous dégringolerez dans l’abîme de l’euro.

The Times a recours, comme dans tous les grands moments de crise nationale, à Shakespeare, disant que l’Ecosse a trop souvent été, pour les élus de Westminster, comme MacBeth pour les acteurs, ce roi écossais dont nul, par pure superstition, n’ose mentionner le nom.

Le séparatisme fait la une en Espagne aussi

Le journal ABC est apoplectique ce matin contre l’ancien président de la Catalogne qui aurait encaissé 12 millions d’euros sur la base de fausses factures . La une, que dis-je, les cinq titres suivants qui s’enchaînent sont consacrés à son futur procès. Je vous cite le plus virulent : « Appelé à la barre, moi, Jordi Pujol, icône du nationalisme catalan, j’ai blanchi mon argent en le passant à une filiale de la Banque Privée d’Andorre qui avait son siège, où ça Senor Pujol ? A Madrid – qui est la capitale de... l’Espagne ! »

La gauche se réunit à Bologne, en Italie

« La nouvelle Europe c’est nous ! » La Repubblica en fait sa une comme toute la presse péninsulaire,citant Matteo Renzi : « Nous représentons un espoir pour tout le continent, et je ne mollirai pas d’un centimètre face aux technocrates », - et même si Google translator ne vous le dira jamais, cela signifie « les Allemands ».

Voilà pour la note politique. La note chromatique, indique la Stampa , aura été le blanc éclatant des chemises des 4 leaders de la gauche européenne sur scène à la fin de cette rencontre.Le journal turinois a été touché, en revanche, que Manuel Valls s’exprime en italien.

Le Temps en Suisse résume le tout : « autour d’un plat de tortellini, spécialité bolognaise », les leaders de la gauche européenne ont signé un «nouveau pacte sur l’Europe». Dans un pays dirigé par un homme qui « vole dans les sondages », à plus de 60% d’opinions favorables, les leaders de gauche se sentent pousser des ailes.

De toutes façons, nous avons évité le pire hier, mais pour une toute autre raison, car comme le dit La Libre Belgique , « hier, à 19h18, heure belge, un astéroïde est passé à moins de 40 mille kilomètres de notre planète ».

C’est la une de Publico à Lisbonne aussi, « mouchoirs blancs pour une éclipse totale », - ah non, pardon, ça c’est plutôt sur la prestation cataclysmique de l’équipe de foot du Portugal qui a perdu 0-1 contre l’Albanie

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