Parfois, ce qui est intéressant dans les journaux, c’est ce que l’on ne dit pas

Depuis des années, c’est la crise en Europe. Pour le moment personne n’a jamais dit de manière officielle que la crise, c’est fini, mais si on lit entre les lignes de la presse européenne ce matin, c’est tout comme. Ce n’est pas tous les jours que l’on apprend dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, en titre de son principal éditorial, qu’Athènes a trop d’argent. Les investisseurs s’arrachent pour investir dans l’économie grecque. Le journal discerne des signes encourageants à la veille de la visite de la chancelière sur place demain.

Puis, crise de l’euro ? Quelle crise ? Vous vous souvenez de la dernière fois que je vous citais le titre suivant – « nous voulons absolument adopter l’euro comme monnaie nationale ? » C’est le cas de la Pologne . Le premier ministre Donald Tusk veut abandonner le zloty, face surtout aux insécurités géopolitiques du moment. Il est cité à Varsovie et ailleurs.

D'autres Donald parlent d’argent

Donald Duck fait une irruption dans le Aftonbladet à Stockholm.Le journal se demande si le Ministre des Finances suédois Anders Borg ne lisait pas trop Disney quand il était petit. Il semble croire que l'augmentation de la prospérité est la même chose que de nager dans l’argent. Et le journal de s’alarmer que la dette nationale semble réellement en danger d'être trop petite avant de plaider pour que l’on investisse s’il vous plaît dans nos infrastructures !

L’Allemagne aussi va bien, c’est moins une surprise –le Süddeutsche Zeitung affirme ce matin que le pays vit dans un paradis comparé aux autres: « Notre taux de chômage est bas, nos caisses sociales débordent et nos recettes fiscales ont rarement été aussi élevées. Seule vraie disette, pour le journal munichois, celle des idées qui manquent cruellement à la coalition de Mme Merkel. »

A Barcelone,La Vanguardia explique ce matin pourquoi après l’Allemagne, l’Espagne est en ce moment le pays où il faut investir en Europe.

A Londres, The Times se félicite de l’essor économique de la Grande Bretagne et surtout en veut au FMI pour ses prévisions erronées . « Christine Lagarde disait l’année dernière », je cite l’éditorial, « que notre ministre des Finances jouait avec le feu en continuant d’imposer l’austérité afin de réduire le déficit. Heureusement que George Osborne ne l’a pas écouté. Les choses vont nettement mieux, et na ! »

L’économie britannique serait déjà en surchauffe

The Daily Mail parle de la surenchère frénétique du prix de l’immobilier à Londres, prévoyant qu’en 2020, le prix moyen d’une maison atteindra les 700 mille euros, rendant le rêve immobilier impossible aux primo-accédants .

Comme si cela ne suffisait pas, les jeunes vont devoir passer de plus en plus à la caisse pour payer ce que la une de Die Welt en Allemagne montre si clairement à sa une avec un graphisme alarmant – le sur-vieillissement de notre continent. La langue allemande a un mot « Ueberalterung », mais le journal n’y voit pas de solution.

Et puis la crise économique se montre parfois sous des aspects curieux : en Islande on lit dans le Morgunbladid qu’un député du parti progressif se bat pour que ses électrices puissent à nouveau aller se faire des couleurs dans des salons professionnels plutôt que devoir se teindre les cheveux chez elles .

Une nouvelle façon de lire les journaux

Bild, le journal populaire allemand, est tout excité ce matin par une nouvelle technologie. Il s’agit d’une appli, Spritz, conçue par une start-up munichoise qui change complètement la façon de lire les journaux . Plutôt que de bouger les yeux, on reste fixé devant l’écran et ce sont les mots qui bougent, à une vitesse qui peut, pour les lecteurs les plus avides d’informations, atteindre jusqu’à 600 mots la minute.

C’est ainsi que je vous propose à partir de lundi prochain de réduire considérablement le temps de ma chronique et de vous donner en une minute top chrono l’intégralité du frankfurter allgemeine zeitung, d’eleftherotypia, du helsingin sanomat et du Nepzapadzag.

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