La réaction en Europe sur le référendum suisse contre la libre circulation et le retour aux contingents de travailleurs européens

« Fuck the Union Européenne ! » : le journal allemand très sérieux Die Zeit n’y va pas par 4 chemins, résumant ainsi e résultat de ce scrutin, tel qu’il est perçu hors la Suisse.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung use d’un langage plus modéré, certes, mais voit des conséquences fatales à cette décision. De toute façon, note le journal d’un ton offusqué, "c’est un pays qui attire de moins en moins les Allemands".

Le Berliner Zeitung parle même d’un "racisme qui fait mal ".

Pour le Tageszeitung, le grand vainqueur c’est encore une fois l’extrême droite avec ses propos xénophobes .

Der Spiegel évoque ce paradoxe : la Suisse va formidablement bien, mais se croit au bord du gouffre, avant de concéder ce que peu d'autres titres admettent ce matin : si l'on avait fait un référendum en Allemagne ou en France sur les travailleurs migrants, le résultat n’aurait guère été très différent.

Sur place à Genève, pour Le Temps ,« notre pays rembobine le film de l’Histoire » . La Suisse romande est restée sereine alors que la Suisse alémanique s’est prononcée contre l’Europe en raison d’une dynamique hystérique sur la surpopulation et le dumping salarial. A l’évidence, une majorité de la population, en particulier la Suisse des campagnes, est désécurisée.

L’Union européenne est une «ennemie», l’objet de railleries, le peuple a tranché, mais il n’a pas (toujours) raison! Même en Suisse alémanique, à Zurich, le Neue Zürcher Zeitung constate quele verdict est tombé en dépit de tous les efforts du gouvernement, des entreprises et des médias : « C’est une Suisse introspective qui l’a emporté, ce n’est pas une bonne nouvelle pour une petite économie comme la nôtre pauvre en ressources ».

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La Suisse partage la une avec feu Marius, le girafon

Autant d’encre consacrée sur les premières pages au sort d’un girafon abattu hier dans le zoo de Copenhague . La presse européenne est horrifiée qu’on ait sacrifié le jeune animal en bonne santé pour suivre la réglementation européenne sur la consanguinité, en gros trop de bébés girafes avec les mêmes gênes, en dépit d’une grosse campagne sur Facebook. Comble de provocation, on a donné son cadavre, coupé en morceaux à des lions qui l’ont dévoré en public.

J’ai scruté le journal danoisPolitiken pour confirmation de la nouvelle et je suis tombé sur le terme « aflivningen » que Google translator traduit de façon alarmante comme le meurtre de la bête.

Le principal scientifique du zoo, Bengt Holst, n’a pas calmé le jeu hier en invitant le public à venir assister à l’autopsie afin de constater que les girafes ont un énorme cœur qui pompe le sang vers sa tête, souvent à cinq mètres plus haut.

Anomalie anatomique qui est loin d’être partagée par les responsables du zoo, si l’on en croit ceux duDiario de Noticias à Lisbonne jusqu’au Corriere della sera à Milan, qui visent à outrer leurs lecteurs ce lundi matin.

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