Angela Merkel de plus en plus seule

C’est la une de Bild ce matin. La chancelière se trouve passablement isolée sur plusieurs dossiers. A la une du Süddeutsche Zeitung , elle refuse de donner au parlement allemand une liste des cibles espionnées par la NSA américaine.

Dans Der Spiegel , sa propre ministre de la Défense exprime son désaccord avec la chancelière, opposée au mariage gay.

Puis le plus grand dossier, et Bild n’en peut plus : « Combien de milliards doit-on encore jeter derrière les Grecs ? ». « Même Der Spiegel » , et c’est Bild qui le dit, « avertit la chancelière d’un débâcle au parlement » avec de plus en plus de députés qui diront cette fois-ci « Nein ».

Il ne faudrait pas que ces députés lisentDie Welt !

Le ministre des Finances grec Varoufakis y prévient que les Allemands ne risquent pas de revoir l’argent qu’ils ont déjà versé, « mais ce n’est pas de notre faute ! » De son côté, Le Soir de Bruxelles s’amuse. L’ancien premier ministre belge Guy Verhoftsatdt a tweeté hier à ce même Varoufkakis : « keep calm and reform Greece », « reste calme et réforme la Grèce ». Quant aux pourparlers prévus à Bruxelles aujourd’hui, le mot qui saute aux yeux est à la une de To Vima à Athènes : « normalement » il y aura une réunion entre Tsipras, Merkel et Hollande. En tout cas, Alexis Tsipras ne compte pas faire de concessions, ni sur les retraites, ni sur les allocations aux plus démunis, déjà mis à rude épreuve par 5 ans d’austérité – il le dit dans un entretien avec le journal italien Corriere della Sera .

Deux tendances différentes sur l’influence religieuse

La presse britannique s’émeut du verdict d’une juge qui a stipulé hier qu’il faut tenir compte des traditions dans certaines communautés qui permettent de gifler les enfants pour les punir.

Le Temps en Suisse , de son côté, s’indigne contre « l’incroyable dérapage au nom de la laïcité » . Les écoliers genevois ne pourront pas chanter «L’Arche de Noé», opéra de Benjamin Britten. Le Département genevois de l’instruction publique a mis son veto parce que cette œuvre contient des prières. Une décision qui scandalise Henry Mottu, professeur honoraire de théologie à l’Université de Genève, et visiblement, la rédaction.

Les Suisses toujours aussi divisés

Une journaliste de La Tribune de Genève pose la question ce matin : « peut-on survivre chez les suisses allemands ? » Marianne Grosjean vient de passer une semaine par-delà le « Röstigraben », « le fossé des Rösti », spécialité à base de pommes de terre très prisée par les germanophones. « Envoyée spéciale en Extrême Orient helvétique, j’ai eu la chance ou la corvée de visiter ces contrées éloignées ».

Elle essaie de démêler le vrai du faux sur leur soi-disant racisme (vrai et faux), le fait qu’ils votent tous à droite (plus ou moins vrai), ou le fait qu’ils parlent peu (vrai).

Certaines expressions alémaniques sont aussi compactes que la tourte aux noix de l’Engadine. C’est le cas du fameux «So isch es» qui va de «C’est comme ça, arrête de te plaindre et accepte la situation telle qu’elle est» à l’empathique et philosophique «C’est la vie, nous sommes infiniment petits dans cet univers complexe ».

C’est la fin de ma revue de presse - «So isch es».

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