Les images parlent beaucoup plus que les mots dans la presse européenne aujourd'hui

A commencer par celles, innombrables, sur les 25 ans de la chute du Mur de Berlin. C’est l’album du journal populaire Bild que j’ai trouvé le plus parlant.

Que ce soit le regard pensif d’Angela Merkel, seule un instant devant un des derniers vestiges de ce mur qu’elle a elle-même franchi pour devenir chancelière d’un pays réunifié, ou une petite Berlinoise de trois ans introduisant une rose dans une fente du mur, un ex dissident de la RDA grisonnant entouré de jeunes « fans », Mikhaïl Gorbachov mettant son casque de traduction pour essayer de comprendre une énième éloge adressée hier à son encontre, ou encore plus poignants, les visages de tous ceux qui sont morts essayant de franchir ce mur, projetés hier en silence sur un écran tendu devant la porte de Brandebourg

Des images de liesse aussi

Ces jeunes jouant du jazz, perchés en haut de ce qui reste du mur à la East Side Gallery, ou encore les astronautes dans la station spatiale internationale tweetant que de là où ils sont, aucune frontière n’est perceptible sur notre planète.

Plus bizarre, toujours dans Bild , ce mannequin de cire de David Hasselhoff, figure aussi souriante qu’incongrue plantée hier côté Est de la porte de Brandebourg , l’acteur américain étant devenue un héros inattendu en 89 avec sa chanson « Looking for Freedom ».

Images de morts dans la presse britannique

C’était hier le dimanche du souvenir de tous ceux qui sont morts dans toutes les guerres, et c’est surtout l’image du visage de la reine, avec ce même regard concentré depuis 62 ans maintenant qu’elle accomplit ce même geste, à la même heure, après les onze coups de Big ben, déposant une gerbe au nom de la nation devant le cénotaphe. Tous les journaux montrent les visages des milliers de vétérans qui ont défilé ensuite devant ce même monument, ou encore comme The Telegraph cet immense tapis rouge de plus de 900 mille coquelicots en céramique installés dans la douve de la Tour de Londres, une fleur pour chacun des plus de 900 000 soldats britanniques et du Commonwealth tués dans la Première Guerre mondiale.

Puis l’image la plus frappante est à la une du Times , celle d’un jeune garçon de 4 ans, Ashton Sexton-Farquhar, présent à la cérémonie, un peu étriqué dans sa veste, visage sombre, coquelicot sur un côté, de l’autre les médailles de ce père mort en Afghanistan qu’il n’aura jamais connu.

L’image d’un vieillard dans Kathimerini à Athènes

Ce sont des souvenirs que l’on connaît moins, mais qui visiblement ne sont pas moins douloureux pour ceux qui les arborent. Le journal grec fait un reportage sur Djodje Mihailovic, un Serbe de 86 ans, fier de veiller sur les tombes de ses ancêtres, morts dans la Première guerre mondiale, eux aussi, et enterrés dans un cimetière de Thessalonnique.

Seul journal où il n’y a aucune, mais aucune image de ce genre, Izvestia à Moscou.

Juste un petit titre qui laisse entre-apercevoir l’émergence des alliances d’un nouvel ordre mondiale, 25 ans après la chute du mur, « la Russie vient de signer plus d’une vingtaine d’accords mutuellement bénéfiques, notamment concernant la fourniture de gaz russe à Pékin. »

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