Après la tragédie de Lampedusa, les journaux européens semblent unanimes sur le besoin d’empêcher d’autres drames de ce genre

L’Italie fait même un premier pas vers l’abolition pure et simple du délit de l’immigration clandestine, c’est le titre du Corriere della Sera. Il s’agit d’un amendement approuvé par la Commission de Justice du Sénat italien. Le délit de « clandestinité » pour les immigrés avait été introduit en 2009 par le gouvernement de Silvio Berlusconi.

La Repubblica approuve cette décision : « L’Italie doit garantir l’hospitalité à celui qui fuit devant une situation inhumaine. L’état doit gérer les flux migratoires selon des pratiques humanitaires et nous devons garantir une hospitalité digne de ce nom ».

La Stampa s’indigne aussi : « Ce serait honteux maintenant, après ce drame, après plus de 200 personnes noyées, d’entamer des procès aux survivants. Le problème de l’immigration, cet exode permanent des pays de l’Afrique du Nord décimés par la guerre, par la faim, par les révolutions, doit devenir l’un des thèmes majeurs de la politique européenne. Autrement l’Union Européenne ne sera qu’un simple palais de bureaucrates et la Méditerranée une vaste tombe pour des milliers de désespérés ».

Au Vatican, L’Osservatore Romano titre sur une messe dans les Grottes vaticanes avec sa Une : « la force de vaincre l’indifférence ». « Unissons nos efforts en commençant par la vérité profonde de cette prière afin d’éviter que la nuit ne descende trop souvent sur les innocents et sur ceux qui sont sans défense ».


Les voix s’élèvent aussi dans la presse non-italienne

L’hebdomadaire allemand Die Zeit qui sort ce matin s’indigne de son côté que L’Europe refuse de l’aide et de la protection : « Nos députés préfèrent la polémique facile sur les réfugiés économiques bulgares et roumains. La vraie pauvreté est plutôt celle de la politique inhumaine de notre continent et de notre pays, l’Allemagne, à l’égard des victimes de guerres et de situations désespérées qui cherchent de l’aide et de la protection, rien d’autre. C’est une aide que Bruxelles et Berlin leur refusent, d’abord chez eux, puis à nos propres frontières. Combien de personnes devront mourir encore avant que cela ne change ? »

Puis, témoignage frappant dans Le Temps, en Suisse, ce matin, qui demande dans son éditorial : « acceptons-nous ce cimetière qui grandit aux portes de l’Europe ? » Ce n’est ni la première ni la dernière tragédie de ce genre. La différence, ici, c’est non seulement dans l’ampleur du bilan mais aussi dans la visibilité et la proximité de la mort.

Un journaliste du Temps a rencontré dans un village de pêcheurs du Ghana une jeune femme, Rachel. Peu après que son mari fut parti pour tenter de regagner l’Italie, elle sortit dans la cour de la maison et aperçut son fantôme devant le portail. Elle sut exactement ce que cela signifiait. «J’ai failli m’évanouir, dit-elle, mon corps entier en avait la chair de poule. » Le jour suivant, la confirmation vint de Libye : Robert avait trouvé la mort en Méditerranée.

Ce n’est ni la première ni la dernière tragédie de ce genre. « Pouvons-nous accepter qu’un massacre récurrent à nos portes soit le prix à payer pour notre sécurité ? » demande le journal. On admet toujours davantage qu’un cimetière à nos portes est un mal nécessaire pour maintenir une Europe libre et prospère. Or les souffrances humaines au large de la Sicile pointent du doigt notre intégrité morale.

Un scoop en matière de remède médical miracle dans la presse britannique

Car justement le journal très sérieuxThe Independent évite ce genre de titre vendeur, mais là c’est article ce matin qui semble très sérieux et qui parle d’un point tournant. Il s’agit d’une molécule capable de freiner la mort des cellules dans le cerveau des souris, qui constitue le meilleur modèle proche du cerveau humain et qui pourrait un jour donner lieu à un médicament oral contre l’Alzheimer.

Le journal a eu l’exclusivité des résultats d’une étude de l’Université de Leicester en Grande Bretagne qui seront publiés aujourd'hui dans le journal Science Translational Medicine. C’est la première fois qu’une substance empêche la dégénérescence du cerveau. Le journal rappelle qu’il faut souvent des années avant de pouvoir transférer ce genre de découverte à l’homme, mais semble néanmoins persuadé qu’il s’agit d’une vraie lueur d’espoir déjà pour les 800 000 personnes qui souffrent de l’Alzheimer, rien que sur place, en Grande Bretagne.

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