La proposition russe de mettre l’arsenal chimique syrien sous contrôle international est largement commentée dans la presse ce matin

Les rédactions ont été prises de court hier, comme tout le monde, et on sent bien que non seulement unes et éditoriaux ont été transformés hier soir, mais surtout le ton. Est-ce un changement à 180 degrés ou un coup de bluff ?

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung n’en est pas sûr à sa Une, mais trouve que l’initiative russe ne manque pas de « charme » - le mot, curieux, est tel quel en V.O. Vladimir Poutine aiderait ainsi Barack Obama à sortir de l’impasse dans lequel il s’est mis lui-même. Obama n’est pas Georges Bush, affirme de son côté le Frankfurter Rundschau « –Dieu merci, sinon on serait déjà en guerre ».

A Londres,The Times voit à sa Une une lueur d’espoir dans la proposition de Moscou, tout comme DeStandaard belge qui trouve que c’est une offre à prendre au sérieux, tandis que La Libre Belgique affirme « la proposition russe d'accord, mais pas à n'importe quelles conditions.

Les journaux américains ont-ils eu le temps de réagir ?

J’ai regardé sur le site du New York Times, selon lequel, à la suite d’une journée vertigineuse , Barack Obama a « tentatively embrassed » enlacé de manière un peu hésitante littéralement la proposition russe. Laquelle a tout de même ajouté une grande part d’incertitude à sa tentative de persuader les Américains et le Congrès.

Puis le comité de rédaction, son « éditorial board », note que le Secrétaire d’Etat John Kerry ne s’attendait pas, certes, à ce que sa propre proposition (que la Syrie abandonne ses armes chimiques) soit prise au sérieux. Voilà, c’est fait.

Mais sur cette question, le ton n’est pas unanime...

[The Guardian ](The Guardian ) britannique sort vraiment du lot avec un grand papier à sa Une : « L’Etat voyou de Barack Obama bafoue chaque loi qu’il impose aux autres ». « Depuis une soixantaine d’années, les Etats-Unis ont poursuivi leurs propres intérêts aux dépens de la justice internationale – ce n’est guère étonnant si les autres pays sont sceptiques désormais. La variole a été éliminée du monde, mais deux pays encore, les Etats-Unis et la Russie, insistent pour garder cet agent pathogène dans leurs congélateurs. Le Pentagone a construit une véritable fabrique à virus capable d’anéantir des villes entières en quelques secondes. Le manque d’honnêteté d’Obama dans les affaires internationales, ses mensonges sur les vraies raisons des interventions au Proche orient, rendent tout conflit international beaucoup plus difficile à résoudre. »

Une divergence de vues entre les deux otages libérés hier

L’otage belge, l’enseignant Pierre Piccinin, n’est pas d’accord avec le journaliste italien Domenico Quirico sur ce qu’ils auraient entendu sur place. « Un jour, depuis la pièce dans laquelle nous étions retenus prisonniers, à travers une porte entrouverte, nous avons entendu une conversation en anglais via Skype entre trois hommes », raconte-t-il sur LaStampa.it.

« Lors de cette conversation, les hommes disaient que l’opération au gaz dans les deux quartiers de Damas avait été commise par les rebelles comme provocation, pour pousser l’Occident à agir ».

Domenico Quirico, lui, souligne cependant avec insistance au quotidien italien qu’il n’a « aucune idée ni de la fiabilité ni de l’identité des personnes ». Le Belge, qui maintient que le régime n’est pas responsable, s’est dit à son tour « étonné » des déclarations du journaliste de [La Stampa ](La Stampa). « Nous étions ensemble lorsque nous avons entendu cette conversation », a-t-il déclaré. « Je vais lui téléphoner tout à l’heure et nous en parlerons ».

A part la Syrie...

Les déboires des Espagnols après la défaite de la candidature madrilène aux J.O. auront été de courte durée -ils ont rapidement trouvé matière pour se réjouir- : la victoire de leur joueur à l’US Open, Nadal omnipotente , pour El Mundo, Nadal es infinito , pour El Pais, et carrément estratosferico dans ABC.

Les Suisses font la promotion inattendue… de leur vin ! Dans la courte histoire de la promotion des vins suisses. Selon Le Temps, c’est une première qui fera date: la semaine dernière, 14 vignerons vaudois se sont rendus à Tokyo pour présenter leurs vins, des chasselas en particulier.

Et puis l’éditorial du Times pose une question philosophique s’il en est, à propos de ses fameux mots croisés, toujours en dernière page depuis des siècles et réputés très difficiles. Nos mots croisés rendent-il les gens intelligents, ou, demande le journal, est-ce l’inverse ? Je vous laisse pondérer.

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