La presse européenne commente les adieux à Nelson Mandela hier à Soweto. Tout le monde n’est pas content, à commencer par les danois

Selon le journal Politiken , il aura fallu deux heures pour que l’AFP puisse identifier le premier ministre danois Helle Thorning-Schmidt dans la photo « selfie » qu’elle a prise avec Barack Obama dans les gradins VIP. Elle a été décrite comme un « fonctionnaire de gouvernement non identifié ». C’est de toute façon l’image qui fait le buzz sur les premières pages ce matin.

The Mail britannique voit le président américain et Mme Thorning « cosying up » - se blotissant l’un contre l’autre, sous le regard froid de Michelle Obama qui était « less than impressed » – que l’on peut traduire en français par « not amused. »

Après les hommages des derniers jours, les journaux se concentrent sur les bisbilles

Par exemple Die Welt en Allemagne s’étonne sur sa première page de l’absence de Benyamin Netanyahu : « le voyage était vraiment trop cher pour le premier ministre israélien ? » demande le journal allemand.

A Vienne, [Der Standard](Der Standard) se lamente de l’absence d’un représentant de l’Autriche , absence que personne n’a remarquée d’ailleurs, poursuit le journal. Notre président du parlement se rend sur place ce matin seulement mais quand bien même il aurait été là hier, personne n’aurait su qui c’est, car même en Autriche personne ne le reconnaît.

Le Tageszeitung allemand regrette de son côté qu’aucun représentant européen n’ait eu droit à prendre la parole, signe s’il en est de notre rôle de plus en plus marginal dans le monde.

La présence de François Hollande et de Nicolas Sarkozy a frappé The Irish Times , les deux hommes refusant de prendre le même avion pour des raisons puérile s – quand on fait une revue de presse on cherche toujours les mots qui marquent, celui là me saute aux yeux sur la première page du journal de Dublin, puis je lis dans l’article qu’il émane de Thomas Legrand on France Inter radio .

Sinon, présence remarquée, celle de Raul Castro. ABC à Madrid ironise sur ses grandes déclarations à Soweto , pendant que la police cubaine détenait hier à la Havane une vingtaine de Dames Blanches, réunies pour fêter le jour des Droits de l’Homme.

Sinon un retour sur le passé, surtout dans les deux anciens pays colonisateurs. Au Pays-Bas, le Volkskrant fait le bilan: " Tandis que le mouvement anti apartheid ne cessait de croître chez nous, l’Etat néerlandais a continué à soutenir péniblement le statu quo sur place. Quelle honte, tous ces députés qui à l’époque décrivait l’ANC comme une organisation terroriste pour quelques années après se précipiter vers les photos avec Mandela".

Puis exclusivité dans The Independent britannique, l’ancien premier ministre conservateur qui a succédé à Margaret Thatcher, Sir John Major, lui aussi hier sur place à Soweto, affirme que celle-ci avait tort de s’opposer aux sanctions contre l’Afrique du sud : « la Grande Bretagne était du mauvais côté de l’Histoire » . Ce n’est pas tous les jours qu’on lit cela.

On trouve aussi des avis contrastés comme partout sur l’état de l’Afrique du Sud. Par exemple, toujours à Londres, The Evening Standard s’indigne que le rédacteur en chef du Cape Town Times vienne d’être licencié pour avoir dénoncé la corruption, tandis que The Times est plus optimiste. La foule turbulente des Sud-africains qui chantaient sous une pluie battante au stade, huant leur propre président devant les caméras du monde entier, c’est le meilleur hommage à la démocratie que l’on puisse rendre à celui qui vient de partir.

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