Le jour des « au-revoir »

D’abord celui du maire de Berlin, après 13 ans. Même à Hambourg, et même à droite, on sent que Die Welt est nostalgique, à sa une, à l’égard de celui qui a tant fait pour détruire le mur dans la tête des gens. C’est le sort des grands hommes de ne pas trop savoir s’en aller, et Klaus Wowereit s’en va dans la grisaille berlinoise d’un jeudi de décembre.

Sur place,le Berliner Zeitung rappelle qu’il a eu le courage, il y a 13 ans, d’être le premier homme politique en Allemagne à dire qu’il était gay, et que c’était bien comme ça.

Départ moins glorieux pour un autre maire gay à la une au Pays-Bas, celui de Maastricht, après la publication de ses SMS compromettants avec un toyboy de 20 ans.

« Goodbye » monsieur le rédacteur en chef

Alan Rusbridger quitte The Guardian . Son nom ne vous dira pas grand-chose, ni peut-être même aux lecteurs de ce journal, mais c’est lui qui était derrière pas mal de scoops, notamment Wikileaks.

Le journal continue dans la même veine ce matin, mettant l’annonce de son départ bien après sa une embarrassante pour Jean-Claude Juncker sur la façon dont le Président de la Commission européenne aurait « résolu les problèmes » pour qu’Amazon s’installe fiscalement au Luxembourg.

Justement, sur place, Le Quotidien réagit avec un éditorial indigné à l’égard des dernières accusations Luxleaks : « Eriger le Luxembourg en suppôt des multinationales, c’est oublier que celles-ci avancent avec des armées d’experts en esquive fiscale, C’est oublier que le Luxembourg n’est qu’un des îlots de l’archipel du capital. Alors, tremblez, LuxLeaks revient et met le monde entier face à ses contradictions ».

« Dosvidania », c’est bye bye Poutine ?

On peut le penser avec un papier qui sort de l’ordinaire dans Nezavissimaia Gazeta à Moscou ce matin . Le journal relève que son premier ministre, Dimitri Medvedev, n’a pas hésité, pour la première fois, à utiliser le mot « кризис » à propos de la situation économique du pays et de la dévaluation du rouble, contrairement au Président. Contrairement, aussi, à ce qui est relevé de ce discours dans la presse occidentale.

La Libre Belgique consacre sa une aux 90 milliards de dollars que coûteraient les sanctions contre Moscou à l’économie européennes, si l’on en croit Medvedev.

Dans « The Mail », je n'en ai pas cru mes yeux !

Il y a deux règles dans la presse conservatrice britannique. Ne jamais dire du bien de l’Europe, (celle-là est respectée ce matin, je vous en fais grâce) et ne jamais dire du mal de la famille royale.

Quelle stupeur, donc, de tomber sur la une du Daily Mail où l’une des plumes les plus célèbres du quotidien, Jan Moir, trouve que William et Kate sont « dull » ternes, voire franchement un poil ennuyeux, « quite frankly they’re a bit of a bore ». Ceci après leur séjour à New York. Ils sourient, hochent la tête, coupent des rubans et acceptent des bouquets de fleur comme des robots royaux. Ils ressemblent à un couple de la banlieue habillé pour aller au club de golf après avoir fait leur course chez Marks & Spencers. Le ton est nettement plus déférent dans Dagens Nyheter à Stockholm. On glisse sur les photos façon papier glacé et les descriptifs du bruissement de la robe de la reine Sylvia de Suède lors du bal, hier, pour fêter les prix Nobel.

Et puisqu’on en est au gotha, et pour mettre fin au au-revoir de ce jeudi gris de décembre, la naissance des jumeaux à Monaco est annoncée dans toutes les langues. La plus jolie expression est dans El Mundo à Madrid, accoucher en espagnol – la princesse Charlene a donné ses deux jumeaux à la lumière, dar a luz.

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