Der Spiegelrevient sur Oradour-sur-Glane

C’est d’ailleurs le seul journal allemand qui accorde une place importante aux commémorations d’hier. Une journaliste du magazine s’est rendue sur place et reproduit en entier, en allemand, le poème de Jean Tardieu qui exprime, je cite, « la pure force émotionnelle qui frappe chaque visiteur dans ce lieu d’atrocités. Si chaque écolier français connait le nom d’Oradour, chez nous en Allemagne, on en parle peu », écrit la journaliste qui se dit même étonnée et surtout reconnaissante que la haine semble totalement absente des commémorations.

Son papier se termine sur les paroles de Mascha Kaléko, une poète juive allemande : « on subit sa propre mort, celle des autres, il faut vivre avec… »

Sinon, les rois s’en vont, vivent les rois !

« Merci Albert. Faisant preuve de simplicité et de sincérité, l’ancien roi nous a offert un grand moment de tendresse, de complicité avec son épouse». Eric Delvaux, que l’on sait très « gotha », sera ébloui par l’analyse qui continue dans cette même veine dans le Soir de Bruxelles suite à la seconde partie de l’interview intimiste de l’ancien roi à la télévision hier. Sous d’autres cieux, un tel entretien eut été inimaginable. Où donc, ailleurs qu’en Belgique, aurait-on pu voir un journaliste plonger gaillardement sa cuiller en argent dans un dessert moelleux à souhait, sous le regard complice d’un couple que l’on aimerait inviter un jour chez soi tant ils sont sympathiques, liés par une très ancienne complicité ?

Et puis l’essentiel n’était-il pas cette incroyable affection à l’égard de notre population, cette compréhension intime et modeste de ces Belges difficiles à vivre, obstinés, chicaneurs, parfois médiocres mais bourrés de talent et dissimulant mal une réelle générosité ?

ABC, à Madrid, se félicite que 80% des députés espagnols s’apprêtent à approuver ce matin la loi permettant à Juan Carlos d’abdiquer.

Le Süddeutsche Zeitung à Munich se demande si les Allemands n’auraient pas ressenti, eux aussi, un souffle de la monarchie hier avec leur Cour Constitutionnelle stipulant que le Président Fédéral avait bel et bien le droit de traiter les membres de l’extrême droite allemande de « tarés ». Toute une polémique sur place, car le Président allemand est tenu de respecter l’impartialité politique la plus stricte en toute circonstance.

Ce n’est pas leur roi mais le père Noël qui inquiète les Néerlandais, avec à la une de leurs journaux ce matin, Pierre le Noir, zwart Piet, son assistant qui distribue les cadeaux. Grand débat ces dernières années car avec son visage grimé de noir et ses cheveux crépus, il passait pour un symbole du racisme. Le nouveau modèle, avec sa perruque rousse bouclée, nous sourit sur la première page de l'Algemeen Dagblad .

Pendant ce temps, The Independent revient sur le débat lancé par le Ministre de l’Education sur l’importance des British values , et publie d’innombrables tweets dont je cite le meilleur « voici une valeur que je conçois comme typiquement britannique, ne pas se faire dicter ses propres valeurs par un connard de ministre ! ».

A propos de l’Europe__

Le seul papier un brin sexy est dans Le Temps àGenève qui trouve que l’Europe devrait s’inspirer davantage de la Suisse . Les pays ancrés dans leur passé et leurs traditions, qui ont peur de l’avenir, sont condamnés à la stagnation. C’est le cas de la France mais, en Allemagne, on sent poindre aussi ces craintes.

Poursuivant dans le triomphalisme helvète de son côté, Le Matin se félicite que le Gruyère continue sa conquête du monde avec une production de 30 mille tonnes l’année dernière.

Sinon, nous avons les traductions du mot « grêle » un peu partout avec une photo impressionnante dans Die Welt, des nuages noirs hier après-midi au-dessus de la cathédrale de Cologne. De toute façon, les orages passent et nous sommes à la veille du Mondial.

La une du Soir de Bruxelles est à sa façon aussi sombre et plombante que le ciel hier, en évoquant l’équipe nationale belge : "Les Diables sont arrivés au Brésil: place, enfin, aux choses sérieuses"

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