Elections britanniques : on prend les mêmes et on recommence ?

La presse conservatrice jubile. The Express , plus europhobe que jamais, urge David Cameron à durcir le ton, « to get tough », à l’égard de l’Europe. The Times fait sa une sur les exigences lamentables de Jean-Claude Juncker qui somme la Grande-Bretagne de prendre des dizaines de milliers de réfugiés repêchés en Méditerranée, puis The Mail est ravi que le nouveau ministre de la justice puisse en finir avec la législation sur les droits de l’Homme. Il y a une flopée d’articles dans cette même veine.

Dans les journaux britanniques de gauche ?

Il n’y en a pas beaucoup déjà ! Le mot « mistakes », « erreurs », figure largement dans The Guardian après l’échec cuisant des travaillistes. S’il y a un nom à retenir, c’est Chuka Umana : ce sera peut-être le futur Obama britannique, candidat désormais à la direction du parti. Il affirme dans ce même journal qu’il est temps que la gauche revienne au centre dans une Grande Bretagne où personne n’est trop riche ni trop pauvre.

Sur l’échec cuisant des sondages, article intéressant dans The Telegraph sur ces innombrables jeunes britanniques qui, visiblement, ont honte de dire qu’ils sont de droite.

Puis The Independent conseille à ses lecteurs, affolés à l’idée de passer 5 années sous les conservateurs purs et durs sans les entraves de la coalition, de partir en Islande, un pays, je cite, « avec des lagunes géothermiques, Björk et où personne n’aura l’idée de privatiser l’oxygène ».

Changement ailleurs aussi...

Drôle de lundi avec, à la Une à Varsovie, où le candidat de droite sortait hier en tête du premier tour de la présidentielle polonaise, ce qui constituela plus grande surprise depuis la chute du mur pour Gazeta Wyborcza , ou « le lundi de tous les changements » pour Rzeczpospolita .

La gauche s’effondre dans l’un de ces fiefs en Allemagne, à Brème, avec son plus mauvais score depuis la fin de la Guerre. Des variantes locales de mots comme « chute », « dégringolade » et « amertume » remplissent les unes sur place. Un lundi où on perd décidément les repères.

Le président turc en pop-star, annonce Dernière heure en Belgique après son apparition hier à guichets fermés à l’arène de Hasselt . Remarquez que c’est le même journal qui accorde autant d’importance à un article sur la disparition des acteurs pornos nippons, moins nombreux paraît-il, que les tigres du Bengale.

Pendant ce temps, l’Europe se souvient de la fin de la Seconde Guerre Mondiale

Les images les plus impressionnantes viennent de Moscou à la une d’Izvestia avec Vladimir Poutine parlant de la terrible leçon d’Hitler, rappelant que l’Histoire nous incite à la vigilance, 70 ans après.

Puis revenons en Grande Bretagne pour finir et une chose qui ne change jamais, cette image poignante de la Reine, bouquet de fleurs à la main, rencontrant des vétérans, la plupart en fauteuils roulants, tandis que de jeunes soldats défilent, pour commémorer leur courage, devant l’immuable Big Ben.

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