Le verdict des journaux sur la nouvelle Commission Européenne, annoncée hier

Cela en dit long sur nos relations avec Bruxelles. Le seul pays où la Commission tire la vedette, incontestablement à la une partout, c’est la Suisse, qui n’est justement pas dans l’Union européenne.

A Genève, Le Temps consacre la sienne au dérapage budgétaire français, ce casse-tête pour Bruxelles avec l’image de Pierre Moscovici désormais en charge des relations économiques, ce « Salonsozialist », comme l’appelle le Neue Zürcher Zeitung , « avec lequel il ne faut pas espérer trop en matière de politique économique libérale », dit le journal zurichois.

Cela ne fait pas souvent la une, mais les journaux font une sorte de who’s who de l’équipe de Juncker !

Ou la « squadra », comme l’appelle La Repubblica , rendant la Commission un peu plus sexy, la squadra avec son « supercomissario » Moscovici, enchaîne La Stampa .

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung voit cette nomination d’un mauvais œil : « De toutes les personnes imaginables, il fallait que ce soit un ministre français qui a déjà échoué chez lui ! » - et en plus, « l’Allemagne une fois de plus, n’a pas de dossier clé ».

Le Tageszeitung est déçu également, « la Commission a une nouvelle façade, c’est très joli, mais ce qu’ils comptent faire demeure totalement flou » , - « une chose est sûre », conclut le journal de gauche allemand, « ce même ministre devra passer un savon à ses propres compatriotes, ces Français qui, décidément », pour reprendre le titre exaspéré de Die Welt à Hambourg, « ne savent pas ce que c’est que l’épargne ».

D’autres journaux sont plus positivants, le Süddeutsche Zeitung se félicite que ce soit une équipe plus jeun e : « c’est fini les pépés qu’on envoie à Bruxelles ».

Le journal munichois accueille le fait que cette Commission est faite pour « gouverner », avis partagé par Publico à Lisbonne, « une commission qui va récupérer le leadership politique » , tout comme der Standard à Vienne, même mot, « gouverner » en titre de son éditorial.

Le journal viennois apprécie également que, pendant la conférence de presse à Bruxelles hier pour annoncer l’équipe, qu’on ait parlé allemand et en plus, qu’on ait rigolé ! « Ce n’était pas comme ça avec Barroso ».

D’autres pays sont contents pour leur propre camp

Athènes, par exemple, avec le nouveau portefeuille consacré à la migration : « honneur exceptionnel pour notre pays », dit Kathimerini à Athènes.

Les Espagnols contents d’avoir pris l’énergie à l’Allemagne, c’est en gros ce que dit ABC .

Puis La Libre Belgique donne la parole à laBelge chargée de l’emploi et des affaires sociales, Marianne Thyssen : « je suis très contente. »

Même les Britanniques sont contents !

The Times voit la nomination du très aristocratique Lord Hill comme commissaire chargée de la stabilité financière comme la preuve que Jean-Claude Juncker n’a pas de ressentiment à l’encontre de Londres. « C’est au-delà des espoirs », concède le journal. Néanmoins, - even so… suivent les griefs. __

The Express ne mentionne guère la nouvelle commission, titrant plutôt sur les salaires élevés des bureaucrates bruxellois, « une raison de plus », je cite, « pour quitter l’Union Européenne ».

Justement revenons pour conclure à la presse suisse où j’apprends queles Français sont prêts à laisser le Royaume-Uni, ou ce qu’il en restera, après le référendum écossais de jeudi prochain, quitter tranquillement l’Union Européenne : 52% des Français trouvent que c’est une bonne idée, plutôt de faire d’autres concessions envers Londres. La France est le seul pays des 10 sondés où ce sentiment est majoritaire. Je m’en vais sur la pointe des pieds.

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