La situation en Iraq à la une

Une bonne moitié des journaux que j’ai lus ce matin trouve la situation sur place suffisamment inquiétante pour déloger le foot des unes .

Les djihadistes s’approchent de Bagdad, c’est celle duSoir de Bruxelles.

Les sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant ont conquis hier la ville de Tikrit, à 160 km au nord de la capitale dans une offensive que le journal belge qualifie de « fulgurante ».

The Guardian britannique titre sur la capitulation de l’armée irakienne avec 500.000 personnes, soldats et civils, en fuite.

Le Neue Zürcher Zeitung à Zurich voit « Al Qaeda aux portes de Bagdad », tout commeThe Telegraph à Londres qui craint l’effondrement de l’état irakien et se demande du coup à quoi aura servi le sacrifice de tant de soldats britanniques sur place.

A Hambourg, Die Welt est d’accord, 13 ans après le 11 septembre, le terrorisme est à nouveau sur le pied de guerre.

Les journaux se demandent : qui sont ces rebelles ?

The Times assure ses arrières en les qualifiant simplement de rebelles islamiques , « islamic renegades », avant de préciser qu’il s’agit en tout cas de terroristes en provenance de la Syrie, ivres de sang, avec parmi eux des centaines de djihadistes britanniques.

LeSüddeutsche Zeitung explique que ces combattants sont aussi dangereux car il s’agit d’extrémistes sunnites, devenus forts justement en se distanciant d’Al Qaeda . L’Iraq n’est pas si loin de l’Europe, et ils ne comptent pas en rester là. Ils étaient derrière l’attentat au musée juif de Bruxelles.

Politiken, au Danemark, met sur sa première page ce matinl’une des seules photos existantes d’Abou Bakr al Baghdadi, le successeur de Ben Laden , derrière la prise de Tikrit hier et à la tête d’un demi-million de combattants.

La presse européenne s’ouvre au monde

Quelques autres unes non européennes ce matin, comme celle duVolkskrant aux Pays-Bas sur le Sierra Léone qui ferme ses frontières pour stopper le virus d’Ebola.

El Mundo en Espagne est outré que l’Assemblée des Nations Unies ait élu hier comme Président le ministre ougandais, Sam Kutesa, à l’origine de la loi persécutant les gays dans son pays.

La une la plus inattendue, celle du Tageszeitung qui titre sur cette bonne nouvelle pour les gorilles, « on a décidé d’interdire les forages pétroliers dans le parc national Virunga au Congo »on voit un gorille dûment heureux sur la première page du journal allemand.

La presse évoque aussi la grève continentale des taxis hier

Quelques journaux commeTaNea en Grèce choisissent lesimages les plus pittoresques, celle des taxis noirs de Londres amassés autour de Big ben pour parler de ce coup de colère continental.

ABC à Madrid a expédié hier matin des photographes à l’aéroport de Barajas pour guetter le moindre signe de colère ou de frustracion, pige facile donc, puis les taxis bruxellois ne vont pas décolérer en prenant connaissance de l’axe du papier dansLe Soir : « Taxis en grève ? – Uber s’adapte, profitant de l’aubaine pour séduire de nouveaux clients ».

Côté foot...

C’est étrange, mais c’est un peu comme si le Mo ndial n’intéressait pas grand monde, en dehors des aspects polémiques .

Les journaux allemands notamment, qui ne comprennent pas que Seph Blatter compte représenter sa candidature à la tête de FIFA.

La Libre Belgique non plus, pour laquelle cette fédération est «une famille de mafieux et Joseph Blatter son Don Corleone ».

Sur les matchs,The Express ressort le même papier que l’on voit tous les 4 ans prévenant contre les pannes de courant pendant les mi-temps , tant les Anglais mis à rude épreuve se précipitent sur leurs bouilloires pour un cup of tea. Mais le foot lui-même est étrangement absent, - vous savez que j’affectionne les métaphores météo, tout comme ce grand orage qui n’a pas eu lieu hier sur Berlin.

Le côté linguistique retenu par le Berliner Zeitung nous enfonce dans la notion d’absence. « Orage », en allemand, se dit le contraire de « temps » Wetter puis Unwetter. Du coup l’absence de temps n’a pas eu lieu. De quoi nous laisser tous perplexes ce jeudi matin.

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