L’Ukraine, une question de vie ou de mort selon la Ukraïnska Pravda

Le correspondant du journal, à Donetsk, hier, pour le scrutin sur l’indépendance, a « beaucoup de compassion », dit-il, « pour ces habitants de la région que Kiev n’est plus en mesure de représenter ni de protéger ». « Désormais, notre pays devra vivre en permanence sous la menace de l’invasion et de l’occupation, un nouveau Taiwan, ou Israël ».

Ailleurs, le ton est des plus sceptiques.

Pour le Süddeutsche Zeitung , le scrutin a frôlé l’absurdité : même en Russie on ne truque pas les urnes de façon aussi éhontée.

Changement de ton intéressant à Moscou aussi, prenez la Une de Nezavissimaia Gazeta : Donbass n’a pas écouté les conseils de Poutine en maintenant ce référendum. Par conséquent, « tout s’est transformé en farce » , avec même les observateurs russes refusant de se rendre sur place, préférant effectuer un suivi à distance.

Beaucoup plus d’encre ce matin sur les retombées de l’Eurovision__

Avec le retour à la maison de Conchita Wurst à la Une évidemment en Autriche. « Notre victoire », dit l’éditorial de Der Standard à Vienne, a été massivement diffusée partout en Europe , notamment dans certains foyers où l’on a dû faire le signe de la croix en découvrant cette travestie barbue. « Pourtant, cette étrange créature, cet oiseau coloré avec ses cils artificiels n’est pas arrivé en dernière place, mais a gagné haut la main, devant 180 millions de téléspectateurs à l’Ouest comme et à l’Est de l’Europe, et si cela a fait réfléchir certaines personnes, c’est déjà une énorme victoire. Wurst a passionné les Européens bien davantage que des millions d’affiches pour les élections européennes, incarnant des valeurs qui, dans notre continent, heureusement semblent désormais évidentes ». Bild , le journal populaire allemand, pose en revanche 11 questions impertinentes sur l’Eurovision. A part des doutes sur l’authenticité de la pilosité faciale de la gagnante, d’autres interrogations encore comme : « Pourquoi il faisait toujours jour derrière celui qui a donné les votes pour les Pays-Bas ? Pendant qu’il faisait nuit noire partout ailleurs, le soleil brillait visiblement toujours chez nos voisins. Puis Bild veut savoir qui a donné ses deux points à la France ? La réponse: la Macédoine et la Suède. « Qu’est-ce qu’ils mettent dans leur eau de robinet ? On en veut aussi ! » je cite. Pire encore, Bild veut savoir « pourquoi les Français ne parlent pas anglais comme tout le monde ? Leur langue est sacrée : c’est génial, manque de pot le reste de l’Europe n’y comprend rien, surtout lorsque la speakerine française se lance dans un monologue qui a laissé les présentateurs danois bouche-bée ». ### L’Europe ordinaire reprend la force sur les premières pages

Comme ditLe Temps : « Les anti-Europe ont le vent en poupe ». Hélas, affirme le journal genevois, les élections européennes se déroulent dans un climat pernicieux. La récession est passée par là, l’économie tarde à redémarrer. Les nationalistes et souverainistes gagnent du terrain. Les rares unes qui ne soient pas sur le concours Eurovision ou sur l’Ukraine donnent raison au journal suisse. _ Eleftherotypia_ titre sur la décision de la Cour Suprême d’Athènes qui affirme que l’Aube Dorée, la droite ultra grecque, pourra participer aux élections malgré quelques tentatives de dernière minute de l’en empêcher , puis partout sur les premières pages néerlandaises ce matin, ces croix gammées qui ont barbouillé les affiches pour une nouvelle pièce de théâtre d’Amsterdam consacrée à la vie d’Anne Frank.

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