Pour la première journée depuis un moment, la Syrie ne domine pas les unes et les éditoriaux de la presse européenne

On sent nettement que c’est la journée où les éditorialistes n’en peuvent plus de trouver de nouveaux angles. Que mettre à la place donc ?

On serait aux Etat-Unis, un discours sur l’état de l’union par Barack Obama aurait rempli les Unes, mais celui sur l’état de l’Union européenne par le président de la commission José Manuel Barroso hier ne figure guère ce matin.

Je n’ai trouvé que De Standaard en Belgique qui trouve ce manque d’intérêt curieux, car l’Europe n’a jamais eu autant de place dans nos vies. L’Europe se niche au plus profond des grandes décisions politiques et dans les petites choses du quotidien, mais nous réussissons cette prouesse de lui accorder très peu d’attention. L’Europe reste dans l’angle mort.

Si ce n’est pas d’Europe, de quoi parle-t-on donc aujourd’hui ?

Polémique sur les premières pages allemandes après la décision rendue hier par le Conseil constitutionnel du pays d’obliger les écolières musulmanes à participer à des cours de natation mixte. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung approuve : « notre constitution garantit la liberté de religion, mais impose aussi un devoir d’intégration, et il est important, dit le journal, que les minorités religieuses ne se referment pas sur elles. » Tous les autres journaux allemands semblent plus ou moins d’accord ce matin.

Une chaîne humaine d’1million 600 mille personnes hier pour la journée de la Catalogne

Les photos sont impressionnantes, par exemple sur la première, la deuxième et toutes les pages de la Vanguardia à Barcelone même, de cette chaîne humaine de plus de 400 kilomètres traversant 86 municipalités de Catalogne.

« Les Catalans montrent la voie au monde », proclame son éditorial. Le ton est très différent dans ABC à Madrid, révolté qu’à la fin de la manifestation, des manifestants aient brûlé une image du roi avec les drapeaux espagnol, européen et plus curieusement français.

Sur le même thème,Izvestia à Moscou quitte les polémiques du monde actuel aujourd’hui pour exiger que l’on fête désormais tous les 6 mars la journée de l’instauration de l’Etat russe, marquant l'avènement du royaume de la dynastie des Romanov. Le tout sous un magnifique tableau sur la vocation du royaume du peintre Kivschenko.

Des histoires de pères et de leurs filles aussi ce matin dans les journaux

Suite de la saga Berlusconi en Italie – doit-il devenir sénateur ou non ? La Stampa est ferme, titrant en VO – E Game Over ! C’est fini, tandis qu’Il Corriere della Sera donne la parole à sa fille Barbara qui affirme –mon père n’est pas un délinquant, c’est un entrepreneur et non pas un criminel !

Puis en Belgique, on revient sur l’histoire de Delphine, celle qui serait la fille illégitime du Roi Albert. « Ma fille Delphine ne porte pas Albert dans son cœur », affirme Sybille de Sélys Longchamps, « On ne se remet jamais d’être reniée par son père. »

Parmi les détails croustillants cet échange rapporté par Delphine elle-même : « Mon père a été convoqué pour repasser son examen de flamand. Pendant son séjour en Hollande pour réétudier le néerlandais, la princesse Paola est allée le voir. Paola lui a dit : ‘Il est temps que vous teniez votre fille’. Il lui a répondu : ‘Il est temps que vous teniez votre propre mari’. »

Il vaut mieux être néerlandais que portugais ce matin

Selon leDiario de noticias à Lisbonne, le Portugal devient l’un des pays les plus inégalitaires, citant un rapport de l’ONG Oxfam, ceci en raison des mesures d’austérité récentes. C’est le contraire au Pays-Bas, classé numéro 3 dans la liste des pays dans « l’enquête sur le bonheur mondial » que j’ai citée hier.

Mais l’éditorialiste du Volkskrant reçoit la nouvelle de façon un peu bougonne car il titre ce matin : « il y a donc 152 pays où les gens sont plus malheureux que nous ! ».

Julio Iglesias comme instrument de torture

La Libre Belgique révèle que sous la dictature de Pinochet, on a utilisé comme instrument de torture diverses musiques, dont Julio Iglesias, diffusées à plein volume pour infliger des dommages psychologiques et physiques. Un ancien détendu raconte comment ses geôliers avaient l'habitude d'entonner le "Gigi l'Amoroso" de Dalida avant de l'emmener à l'interrogatoire et de le torturer.

Cela n’a pas marché, car la musique a aussi permis aux détenus de tenir le coup et de trouver le courage pour supporter les brimades, affirme un ancien détenu.

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