La presse européenne est partagée entre cocoricos et incertitude sur le sort de Philae

Une petite transformation dans le Financial times pointe les inquiétudes de tout un continent. « Touchdown », « atterrissage », c’était la une quand j’ai regardé le journal britannique vers 3h ce matin – qui depuis s’est transformé en Touchdown ? » .

Certains journaux n’ont pas d’équipe de nuit, en tout cas pas habilitée à modifier les unes, comme le Neue Zürcher Zeitung suisse qui titre toujours sur Rosetta, « née sous une belle étoile ».

D’autres sont plus généralistes, comme le Frankfurter Rundschau qui maintient sa une « sur ce voyage jusqu’à l‘origine de nous-mêmes ».

Ce sont, comme souvent, les Belges qui expriment au mieux la situation, avec la une de La Libre qui cite l’un des porte-paroles d’ l’Agence de l’Espace : "Nous ne comprenons pas encore vraiment ce qui s'est passé".

Beaucoup de fierté dans les commentaires…

« Philae est l’ambassadeur de notre humanité dans l’espace, quel que soit son sort », estime The Independent à Londres.

La Repubblica a recours à une astuce dont seule la langue italienne a le secret pour rappeler le côté « superlativement risqué » de cette aventure « rischiossisima » . Le journal romain n’est pas peu fier en tout cas que trois des instruments de mesure à bord sur onze, notamment la Rosetta Lander Imaging System, étaient fabriqués dans la péninsule : Matteo Renzi l’a même « twittato » quelques instants après l’atterrissage.

D’autres titres s’épandent en conjectures tous azimuts :le Frankfurter Allgemeine Zeitung s’amuse à imaginer Philae en train de jouer à la marelle sur la surface de la comète . Après avoir rappelé que 7 !! des 11 instruments à bord sont allemands, le Tageszeitung livre un très beau papier sur le thème : si l’univers peut réfléchir, il ne peut que s’étonner d’une curieuse espèce devenue complètement folle, qui s’entête à vouloir découvrir ses propres origines, balançant dans le cosmos une sorte de frigo surdimensionné et qui vient de s’accrocher à un fragment de matière primordiale banale et drôlement froid.

A part Philae, des unes dignes d’une espèce en effet passablement folle

Cette aventure dans l’espace n’est pas jugée suffisamment impressionnante pour déloger de la une du Matin suisse, une polémique sur les mensurations exactes du mannequin Kim Kardashian, photoshopée ou pas dans un journal américain.

Sinon le principal éditorial inattendu du Temps à Genève sur les lacunes des nouveaux contrôles des vins suisses.

On peut toujours compter sur les Néerlandais pour enchaîner sur la bizarrerie de l’homo sapiens avec un énième débat dans leur parlement, et du coup sur la première page du Algemeen dagblad: faut-il oui ou non grimer en noir le visage de l’assistant du Père Noël ?

Même l’aventure spatiale la plus impressionnante n’arrive pas à faire décolérer ABC à Madrid

Qui fulmine toujours contre les Catalans : « tant d’argent fichu en l’air et deux sur trois d’entre vous n’avez même pas voté dans votre référendum ? »

Et comble de bizarrerie, The Timesde Londres fait tout un éditorial en latin ce matin à propos de la sortie d’un recueil de mots croisés dans cette même langue , initiative que le journal londonien accueille en ces termes « Igitur, cari lectores, in huius incepti ingeniosissimi spiritu vobis ludum offerimus ». « Chers lecteurs, nous ne pouvons que nous féliciter de cette idée ingénieuse et dire un énorme – "bravo" ou comme cela se disait lorsque l’homme se limitait à contempler béat le firmament au-dessus de sa tête – Euge ! »

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