La guerre en Ukraine ?

Si on veut la réponse à cette question, mieux vaut ne pas lire la presse européenne ce matin. Il y a tous les cas de figure. This is war ! C’est la guerre, c’est la une du Times comme celle du Frankfurter Allgemeine Zeitung pour lequel la Russie mène la guerre à L’Ukraine.

Le Süddeutsche Zeitung à Munich voit plutôt une transition entre guerre civile et guerre, puis a des doutes, se demandant s’il ne faut pas parler d’une guerre de guérilla ou plutôt d’une invasion ? D’autres journaux contournent la question. __

Eleftherotypia en Grèce parle du chaudron bouillant, la presse néerlandaise titre sur les dizaines de milliers de soldats russes stationnés près de la frontière.

A Kiev, le correspondant du journal suédois Aftonbladet fait écho de l’incertitude qui règne , évoquant à la une les « nombreuses et diverses rumeurs » sur place.

Une image est plus éloquente que les mots, dans The Economist britannique: « A la tombée de la nuit, au moment où le brouillard descend, Kiev perd petit à petit le contrôle sur de vastes pans à l’est du pays ».

Une traduction que googletranslator m’a proposé du titre de Politiken au Danemark résume mieux que quiconque la confusion, je cite « La situation c'est un peu plus de la pire des cas ».

En tout cas, c’est loin d’être sûr que le titre du Süddeutsche Zeitung ce matin__ fasse fléchir le Kremlin, « le ministre des affaires étrangères du Luxembourg menace la Russie… »

En dehors des Unes, une (seule) analyse intéressante?

Le papier qui sort du lot, c’est celui d’un journaliste qui fut le correspondant du Guardian britannique en Ukraine, à tel point que c’est reproduit non seulement dans ce journal mais dans le Kievpost aussi.

James Meek rappelle que la plupart des Ukrainiens ne sont ni des fanatiques pro-russes, ni des fascistes. Dans cette guerre de propagande, on oublie vite les complexités de ce pays.

Le papier conclut sur la très belle citation d’une écrivaine ukrainienne d’origine russe Yelena Styazhkina : "L’Ukraine est ma patrie. Le russe est ma langue. Que Pouchkine me sauve et me libère de ma tristesse et de mes angoisses". Pouchkine, pas Poutine!

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Izvestia continue à donner l’impression d’être sur une autre planète

La une concerne des problèmes en Russie avec Mastercard et Visa. Le principal titre sur ce que l’on peut appeler l’ex Ukraine, donc, des entreprises d’état russe encouragent le développement du tourisme en Crimée. Selon les estimations préliminaires du ministère, 8 millions de touristes russes vont se rendre dans des centres de villégiature cette année.

De nombreuses et diverses rumeurs à la une de la presse britannique

Kate est est-elle à nouveau enceinte ? Elle est en tout cas en visite en nouvelle Zélande, etThe Mail continue à pondre des unes de plus en plus alambiquées. Je vous la donne telle quelle. « Faites ce que les princes et les princesses devront faire, augmentez votre famille ! conseillent les aïeux d’une tribu maori au duc et à la duchesse de Cambridge, tous les deux réduits à l’hilarité, alors que celle-ci recycle un ensemble écarlate pour sa visite en commémoration des victimes du tremblement de terre de Christchurch ».

Sinon, on a beaucoup parlé, ce week-end, dans les médias français de l’hilarité supposée des Britanniques à l’égard des Français qui ne veulent plus recevoir d’e-mails de travail après 18h . Je n’ai pas vu grand-chose franchement là-dessus, mais j’ai trouvé mieux ce matin.

Dans The London Evening Standard, l’ambassadrice des industries numériques britannique est furieuses que son fils passe cinq heures par semaine à l’école à conjuguer des verbes irréguliers français alors qu’il pourrait passer son temps, dit-elle, à apprendre une langue plus utile et plus adaptée au monde moderne - celle du html, le langage des programmateurs informatiques.

Ainsi, il deviendra quelqu’un qui dit aux ordinateurs ce qu’ils doivent faire et non pas le contraire. Ca, c’est du French-bashing !

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