La tragédie dans la mine turque est arrivée trop tard pour beaucoup de journaux

« La Turquie en larmes », c’est la Une de Cumhuriyet, qui donne les derniers chiffres : 201 morts et des centaines de travailleurs toujours sous la terre. Le journal Hürriyet cite le Ministre de l’Energie turc, pour lequel sauver des survivants est une course contre la montre, avec des efforts urgents pour pomper de l’oxygène dans la mine. Le journal rappelle que la Turquie a un triste record d’accidents de ce genre et que depuis longtemps , les syndicats critiquent le manque de formation et des mesures de sécurités défaillantes dans les sociétés privées en sous-traitance.

Les journaux alarmés par la présence d’extrémistes au futur Parlement européen

Des extrémistes de tous bords. __

Eleftherotypia à Athènes donne Syriza, l’extrême gauche grecque, devançant tous les autres partis du pays au scrutin.

A l’extrême droite, bisbilles entre les leaders , notamment Marine le Pen qui dans un entretien avec le Financial Times, se dit « irritée » par Nigel Farage. Le leader d’UKIP en Grande Bretagne a notamment critiqué l’antisémitisme du Front National, se défendant, lui, d’être raciste. C’est une manœuvre, dit sa dirigeante, pour mieux devenir le porte-drapeau de l’euroscepticisme continental après les élections.

La presse britannique donne raison à Mme Le Pen,The Mirror titrant sur cette jeune britannique d’origine pakistanaise, jusqu’à hier porte-parole d’UKIP, dont la présence était sensée montrer que le parti de Mr. Farage n’est pas raciste et qui a démissionné affirmant qu’elle s’était trompée à ce sujet.

The Express n’en parle pas, trop content de remplir sa première page avec un sondage cautionné par Bruxelles même et qui montre que la majorité des Britanniques veulent être « out » -en dehors de l’Union Européenne.

En Espagne aussi, El Mundo se gratte la tête ce matin:pourquoi personne ne s’intéresse à la chose européenne ? Seuls 17% des Espagnols sont au courant qu’il y a des élections la semaine prochaine.

Une personne continue à déclencher la passion en Europe –Conchita Wurst

Deux avis très différents aujourd'hui.

Dans son pays d’origine : Der Standard à Vienne fait sa Une sur les réticences politiques à propos du mariage gay . Je cite l’éditorial : « Depuis quelques jours, le monde nous regarde tout d’un coup comme un phare de tolérance et d’ouverture. C’est facile d’avoir des amis quand on réussit, c’est vite oublier toute la haine chez nous à l’égard de ce personnage très polémique dans les mois avant qu’elle ne devienne, samedi soir, une héroïne nationale ».

Le Temps, en Suisse, n’est pas du tout d’accord. Pas de révolution par la saucisse. Le plébiscite de Conchita Wurst à l’Eurovision, que l’on s’est empressé d’ériger en victoire de la tolérance, n’est rien d’autre, en vérité, qu’un retour de l’esprit des «freak shows» : « Vladimir Poutine est méchant, il a envahi l’Ukraine. Il n’aime pas les homos. Alors, tu vas voir, on va lui coller un trans à barbe à la télé, on va lui montrer nos fesses par la fenêtre, ça va le faire bien tartir. Et toc. On ne change pas le monde en votant par SMS, même à l’Eurovision ».

Justement, pour finir, la manchette de Nezavissimaia Gazeta à Moscou va sans doute inquiéter le leader du Kremlin bien davantage qu’une désopilante pilosité passagère. Elle porte sur la flambée des prix de la nourriture, notamment dans les régions russes et qui atteint parfois les 20, voire 30%. Pour éviter une rébellion sociale, « les fonctionnaires fédéraux seront peut-être amenés à fixer les prix par ordre étatique. »

Comme quoi, Vladimir Poutine n’a pas fini d’avoir des soucis côté saucisses.

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