Retour à la normale dans la presse européenne après l’actualité lourde des derniers jours

C’est presque avec soulagement que l’on retrouve le Frankfurter Allgemeine Zeitung qui fulmine à sa une ce matin contre la Cour de Justice européenne qui vient d’autoriser à nouveau les euro-obligations , ou sur ABCà Madrid qui vitupère, comme d’habitude, contre le Président de la Catalogne qui organise -encore !- des élections sécessionnistes en septembre prochain.

Nous avons le Président italien qui a démissionné à 89 ans hier pour se reposer. Même le pape lui dit « grazie » partout dans la presse sur place.

Nous avons Dennis Praet, nouveau golden boy de l’attaque anderlechtoise, qui brandit aux unes belges son soulier d’or, récompense on ne peut plus convoitée dans le milieu footballistique d’outre Quiévrain.

Nous avons des cartes météo totalement psychédéliques en vert fluo sur les premières pages irlandaises sensées nous alarmer sur les masses d’air psychotiques en provenance de l’Atlantique qui menacent actuellement notre continent.

Retour à la normale aussi en Suisse avec de nouvelles mesures sur le secret bancaire annoncées à la une du Temps par la responsable du département fédéral des finances au nom imparable d’Eveline Widmer-Schlumpf.

Les Européens sont-ils toujours un peu Charlie ?

Loin du brouhaha, les Islandais attendent un seul exemplaire sur leur île, car comme dit le Morgunbladid , et cela change des hordes partout ailleurs : quelques clients l’ont demandé hier dans les kiosques de Rejkjavik.

En Turquie, la police a perquisitionné hier les bureaux du journal Cumhuriyet qui avait reproduit sur 4 pages une sélection des caricatures du Charlie Hebdo d’hier, tout en respectant, selon le journal d’Ankara : « les croyances religieuses et la liberté de parole de chacun ». La distribution n’était pas interdite hier matin, mais l’accès au site web bloqué l’après-midi, signe de l’ambiguïté des attitudes sur place.

A présent, quelques articles qui font réfléchir

Notamment dans The Times , où une journaliste affirme que « nous, nous sommes Charlie, certes, mais pas forcément nos enfants. Les miens ont grandi dans une crèche multiculturelle dans la banlieue de Londres », dit-elle. « Ces dernières semaines ils ont tour à tour joué les anges dans la crèche, fêté Hannukah, même accueilli dans leur cours le Dieu Ganesh. Ils apprennent tout sur l’Holocauste, et ils savent que l’on peut dessiner le chameau et la tente du prophète Mahomet, mais pas son visage. Leur génération est infiniment plus sensible, culturellement, que la nôtre », je cite.

Trouw, le journal protestant néerlandais, compare la législation dans différents pays en matière de religion , notamment en Pologne où l’on risque des poursuites judiciaires pour atteinte au sentiment religieux et où beaucoup ont affiché cette semaine « Nie jestem Charlie – je ne suis pas Charlie ».

Pour finir sur ce thème, on va être obligé de se censurer sur notre thème récurrent favori ?

Article assez hallucinant dans The Independent britannique . La plus grande presse universitaire du monde, the Oxford University Press, vient d’envoyer la consigne à ceux qui écrivent leurs livres pour enfants qu’il est désormais interdit, dans un souci d’éviter d’offusquer musulmans ET juifs, d’y faire la moindre référence à des porcs, voire à des saucisses !

Mesure condamnée illico presto par un député conservateur qui fustige le politically correct, mais aussi par un député de gauche d’origine musulmane et par ceux que le journal désigne comme « des représentants juifs qui rappellent que leur religion interdit de manger du porc, pas forcément d’en parler ».

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