Une vue du ciel

Il s’agit d’une photo de l'Europe, prise de nuit par un satellite. Des taches blanches et lumineuses indiquent clairement les zones les plus développées : le Bénélux, la région parisienne, le bassin de la Ruhr et la vallée du Rhin. La plaine du Pô brille également, tout comme Rome et ses environs et le Golfe de Naples. La Grande-Bretagne, Madrid, Barcelone et la côte portugaise sont baignées de lumière. En Europe centrale, la tache la plus lumineuse est la Silésie, on distingue aussi Prague, Budapest, Varsovie et Gdansk. Athènes et Belgrade scintillent. Un cordon de lumière borde le Bosphore et Istanbul la fabuleuse.

Je cite le journal roumain Dilema Veche , « le Vieux Dilemme », qui reproduit sur sa première page l’affiche pour les prochaines élections européennes, en affirmant : « malgré ses problèmes, l'UE reste toujours un meilleur endroit que bien d'autres sur cette Terre ». « Pourtant, vue de près, la lueur européenne commence à pâlir ». D'après le dernier Eurobaromètre, le nombre d'Européens ayant perdu confiance en l'Union a dépassé 60% , chiffre qui a carrément doublé en 6 ans.

Les journaux néerlandais le confirment ce matin

Les forces anti-européennes se mobilisent.

A la Une du Telegraaf et du Volkskrant ce matin,l’invitation lancée par le nationaliste néerlandais Geert Wilders à Marine le Pen qui va se rendre aux Pays-Bas en novembre prochain afin de travailler ensemble sur la formation d’un grand bloc politique anti-européen.

Ailleurs, mêmes joies et malheurs. Partout, sur les Unes espagnoles ce matin le Roi Juan Carlos qui affirme de façon on ne peut plus claire « Je vais très bien » : « Estoy muy bien », dans son premier entretien après son opération à la hanche.

Sinon, les mêmes bisbilles que d’habitude en Belgique. C’est dans Le Soir : le président du Parlement flamand a envoyé une lettre courroucée à son homologue bruxelloise ; il lui reproche l'envoi d'une invitation pour se rendre à la réunion annuelle de la Conférence des présidents des assemblées législatives régionales européennes : « invitation rédigée en français en contravention avec les règles de bilinguisme qui prévalent à Bruxelles », « Bruxelles est, selon la Constitution, bilingue. C’est une insulte grave au parlement flamand », fulmine M. Peumans . « J'ai demandé une correction. Si celle-ci ne vient pas, je n'irai pas à cette réunion ». Et na !

Une voix qui s’éteint

C’est la dernière fois que vous lirez ce journal : « à partir d’aujourd’hui, le International Herald Tribune devient The International New York Times , » dit le tout dernier éditorial dans le journal qui porte ce nom.

Le tout, sous la photo nostalgique en noir et blanc façon Sixties de Jean Seberg, l’IHT sous la main.

L’éditorialiste est philosophique : « l’ADN d’un grand journal se définit non dans son titre, mais dans l’évolution de cette interactivité complexe et intime entre le lecteur et l’éditeur ».

Des milliers de vieux exemplaires dans nos archives retracent les drames changeants de ce monde et de ces plaisirs, tout ce que nous appelons « les news ». Ainsi s’éteint donc une lumière dans le ciel de l’information intercontinentale.

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