Le mouvement Pegida, contre « l’islamisation » de l’Occident prend de plus en plus d’ampleur en Allemagne

Ils étaient 15 000 hier soir à Dresde. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung n’a pas apprécié les pancartes. « Aide-nous Poutine » par exemple. Ce mouvement se veut dans la lignée des manifestations du lundi d’il y a 25 ans, qui ont contribué à la chute du mur. Le journal conservateur n’est pas persuadé - le slogan de l’époque était "Wir sind das Volk" : c’est nous le peuple. Là, c’est plutôt « nous simulons le peuple ». Néanmoins il est temps de prendre ce mouvement au sérieux, d'après le journal, mais pas avec la sempiternelle question, diaboliser ou débattre, mais en proposant une politique claire de l’immigration dans notre pays.

Der Spiegel parle de la colère du poing fermé, une colère contre... presque tout. Le Süddeutsche Zeitung est plutôt inquiet devant le nombre de contre-manifestants, en nette diminution. Die welt n’a pas apprécié en revanche l’intervention d’une chercheuse politique à la télévision qui a prévenu que l’islam devient le nouveau judaïsme en Allemagne. Le journal s’interroge, les un milliard et demi de musulmans dans le monde d’aujourd'hui, sont-ils vraiment aussi démunis que les juifs des années trente en Allemagne? Cessons ce bavardage dangereux, fin de citation.

Les belges ont fait grève hier

L’image du jour est sans conteste celle d’une syndicaliste très remontée, filmée par hasard sur un smart-phone et qui a fait le buzz hier. Raymonde Le Lepvrier, secrétaire régionale du Setca Namur, est rentrée dans un magasin de vêtements. Visiblement agacée, selon La Libre Belgique de le voir ouvrir ses portes malgré les appels à la solidarité du front commun, elle retire les vêtements des rayons pour les lancer sur d’autres comptoirs. "Vous devez fermer ce magasin tout de suite !" En tout cas les policiers belges ne vont pas se faire des amis parmi les automobilistes car selon la une du journal, pour protester contre le nouveau régime de leur retraite, ils entendent mener des contrôles routiers pointilleux à l’heure de pointe ce matin.

Une vieille tante suisse qui chavire

Il s’agit du particulièrement austère Neue Zürcher Zeitung avec son rédacteur en chef limogé. Il se déroule à Zurich une bataille politique sanglante pour le contrôle de la doxa libérale, ou plus exactement, on y joue l’héritage de ce que l’on appelait, il y a trente ans encore, la pensée bourgeoise, une lutte au sein de la rédaction tout à fait regrettable. On sent néanmoins que Le Temps à Genève, dont je viens de citer l’éditorial, se frotte un peu les mains. Dans les colonnes du journal concerné, c’est plutôt bouche cousu.

La une dramatique de Nezavissimaya Gazeta

100 roubles pour un dollar, ce n’est plus de la science fiction. Aujourd’hui c’est 63 mais 58 la veille déjà. Le tout est paradoxal alors que nous avons plein de pétrole, se lamente le journal qui voit la Russie déménagée dans deux directions opposées selon la traduction imagée savoureuse proposée par Google Translator. De son côté, le plus institutionnel Izvestia, reste résolument bouche cousue, ou au moins son équivalent en russe.

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