La presse scandinave est sous le choc après les attentats de Copenhague

Dimanche 15 février, un froid glacial, le printemps est encore trop loin. « Un dimanche gras dans la capitale », je cite Politiken sur place. « Tout est comme avant, mais tout a changé ». « Quelques heures après qu’un délinquant a tracé une ligne de sang dans notre liberté d’expression, le Danemark n’est plus comme avant. Je voudrais demander aux 300 000 musulmans danois de dire haut et fort qu’ils aiment le Danemark », poursuit le journaliste « et que les cinq millions cinq cent mille Danois que nous sommes, allons grandir après cette tragédie sans nous ranger en différentes fractions les unes contre les autres ».

Vigilance autour des synagogues à Stockholm

Aftonbladet fait un parallèle avec l’attentat d’Anders Breivik en Norvège, autre tuerie qui a frappé un pays voisin : « Ces attaques ne visent pas la France, le Danemark ou la Norvège, mais toutes nos sociétés ouvertes. Continuons à parler librement comme Lars Vilks, le caricaturiste suédois visé à Copenhague, continuons à aller dans nos églises, nos synagogues, continuons à vivre dans le calme sans être intimidés ».

Plus globalement sur l’antisémitisme, The Times met le titre de son éditorial ce matin en danois Vier Jøder , « nous sommes juifs », rappelant les mots de Spinoza, le philosophe néerlandais qui se félicitait de la liberté religieuse dans certains pays d’Europe : « Trois cent cinquante ans plus tard, l’espoir de ce grand rationaliste semble prématuré ».

Sinon, la une déconcertante deDernière Heure en Belgique

Franchement on ne sait pas trop comment réagir. Le journal titre sur le Carnaval, ce weekend, dans la ville flamande d’Alost, connu certes pour sa créativité. Premier véhicule d’un cortège de 200 qui ont parcouru la ville, un char de djihadistes brandissant des armes en plastique contre les fêtards.

On sait les Belges impertinents, mais à ce point ?

C’est lundi pour les Unes aussi

Un lundi un peu slow , mou dans les rédactions.

Prenez les Espagnols avec cette Une très pointue d’ABC sur l’image de marque du Vénézuela dans les entreprises espagnoles , ou sinon la colère un peu préfabriquée de cette tribune dans El Mundo qui affecte d’être outré par un séjour rapide du leader de Podemos , le parti de la gauche radicale espagnole, à New York, la Mecque du capitalisme mondial.

La Une la plus bizarre ce matin est celle de l’Independent sur la façon dont les Chinois rebaptisent les attractions touristiques de Londres. Le nouveau gratte-ciel pointu The Shard devenant joliment «La tour qui nous permet de cueillir des étoiles ».

La bonne nouvelle de la journée c’est que contrairement à ce que l’on peut croire, on n’attrape pas les rhumes par la salive. The Mail est tout excité à l’idée que l’on puisse rouler sans crainte des pelles à ceux qui ont la crève.

Silences à la Une

Le NRC Handelsblad néerlandais est le seul journal que j’ai vu, qui titre sur le silence dans l’Est de l’Ukraine hier. Leur correspondant sur place ne peut guère en croire ses oreilles.

Puis un non-évènement dans The London Evening Standard : suite à la sortie de 50 nuances de Grey ce weekend, aucun appel aux urgences par des gens coincés dans des situations compromettante s. Ceci contrairement à la sortie du livre il y a trois ans, où les pompiers ont dû secourir plusieurs messieurs dont la partie de leur anatomie la plus innommable était coincée pour l’un dans un aspirateur et pour l’autre, de façon plus alarmante, dans un toaster.

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