A deux jours du référendum sur l’indépendance, que dit la presse écossaise?

La liberté est si proche qu’on en a déjà le goût aux lèvres, « we can almost taste it ! »

L’excitation est palpable dans le journal populaire de Glasgow The Daily Record qui demande à ses lecteurs pas encore décidés de se projeter dans le futur et d’imaginer qu’ils vivent dans un pays enfin indépendant. Ensuite, regardez vers le passé et demandez-vous : comment a-t-on pu hésiter une seule seconde à ne pas saisir cette liberté si longtemps attendue ?

Les deux principaux journaux sont diamétralement opposés sur la question de l'indépendance de l’Ecosse?

The Herald rappelle que ce vote est unique : « c’est la première fois que 4,2 millions d’entre nous avons le droit de nous prononcer ».Le journal se félicite que l’écart de 22% au début de la campagne en faveur des « non » ait été réduit à néant. Une chose est sûre, l’establishment financier et économique de la Grande Bretagne est ébranlé jusque dans ses fondements. Le journal ne porte pas Westminster dans son cœur, c’est le moins que l’on puisse dire car « la démocratie britannique est souvent une affaire de corruption, de tyrannie, de mensonge et de pouvoir nu aux mains de riches sans scrupules ! »

The Herald brandit même comme argument les qualités de la cuisine locale, entre autres « des muffins au fromage et à l’asperge, la très sérieuse tourte au bacon et à l’œuf, sinon des côtes de porc au gingembre et à la poire gluante ».

A Edimbourg, en revanche, The Scotsman est formel : « L’Ecosse évoluera en mieux avec un vote pour le non, en favorisant ce que l’on appelle la devo max, davantage d’autonomie », « devolution », promise par Londres . The Scotsman ne croit plus du tout à l’état-nation, « cette idée qui date du XIXème siècle, une vision insulaire et isolationniste depuis longtemps révolue car les nations modernes partagent de plus en plus la souveraineté avec leurs voisins » ; « Laissons tomber nos ressentiments à l’égard du colonialisme anglais, et ne jetons pas le bébé avec l’eau de la baignoire ».

Le référendum écossais est suivi de près ailleurs, à commencer par la Catalogne

El Mundo sort les grandes plumes, notamment celle de son directeur, après la Diada, la Journée de la Catalogne la semaine dernière. Il en tire les leçons – à savoir que les marées humaines pro-indépendance à Barcelone ont démontré à quel point l’Etat central a cessé d’exister en Catalogne.

« Ce qui est en train de se dérouler devant nos yeux c’est la perversité d’un système d’autonomie maximal » (justement, comme la devo max écossaise) lorsqu’il ne reste plus aucune loyauté institutionnelle à l’encontre d’un pays qui vous offre sur un plateau les pleins pouvoirs.

La seule chose qui lie Barcelone à Madrid désormais, ce sont les impôts et la justice, et encore.

Du séparatisme là où on ne l’attendait pas

En Bavière, le Handelsblatt donne la parole à ceux qui voudraient se séparer de l’Allemagne sous le titre en dialecte bavarois, « Liberté pour la Bavière ! » « Qu’est-ce ce que ce serait beau », « mei wär des schee ! » sous la photo au deuxième degré de quelques bavarois en culottes de cuir pourchassant des vaches dans les brumes alpines. Fini Bruxelles ! Enfin, on pourra taxer les étrangers un max sur nos autoroutes, et installer un nouveau roi dans le château Neuschwanstein.

Die Zeit donne la parole à l’un des porte-drapeaux du mouvement, Wilfried Scharnagl : « Ici en Bavière travailler et payer ses impôts est une évidence, contrairement à Berlin, ou une part de plus en plus importante de la population glande, vivant avec les allocations de l’état, c’est à dire unser Geld, nos sous !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.