L’accord de dernière minute sur le budget aux Etats-Unis fait la Une de tous les journaux européens

Nul besoin de comprendre le suédois par exemple ce matin pour saisir l’analyse duDagens Nyheterà Stockholm : « Total Kapitulation ». Nul besoin de comprendre l’allemand dansDer Standard à Vienne : « Fiasko für die Tea Party », ni l’italien pour avoir le sentiment un brin optimiste, peut-être, dans La Repubblica qui voit dans l’accord trouvéun « happy end », dénouement heureux donc, à ce que Eleftherotypia à Athènes définit comme « la plus grande crise économique du capitalisme mondial depuis 1930 ».

En tous cas, d’un côté, le mot « défaite » est traduit dans toutes les langues, mais de l’autre, le mot « vainqueur » s’applique dans ses variantes locales à Barack Obama.

Le ton n'est pas est unanime dans la presse européenne

Regardez ces deux extrêmes. L’Unità, l’ancien organe du parti communiste italien, publie une photo on ne peut plus éloquente d’une Américaine qui brandit une feuille A4 manuscrite : « C’est moi l’Obamacare. J’ai 34 ans, mon job ne me donne pas d’assurance santé. J’ai découvert que mon utérus était plein de tumeurs. Les sociétés d’assurance m’ont rejetée. Merci M. Le Président de m’avoir permis de vivre alors que d’autres me disaient non ».

De l’autre côté, je n’ai guère trouvé que The Times à Londres, qui trouve dans son éditorial ce matin que le Tea Party a quand même raison sur un point : « The Tea party Has a point » : Monsieur Obama a remporté une victoire politique, mais il serait peu prudent de sa part de se gausser de la victoire. Les Américains restent totalement dépendants de leurs créditeurs. Chaque jour, la Trésorerie dépense 2,5 milliards de dollars de plus qu’elle n’encaisse. The Tea Party a tort de dire que c’est l’Armageddon économique, mais il fallait que quelqu’un sonne l’alarme.

L'accord sur le budget dans la presse américaine

Les journaux sortent à peine au moment où nous parlons. Le New York Times commence à faire les comptes : « Cette impasse a coûté des milliards à notre pays et puis surtout, les compteurs tournent encore ! »

Le journal n’ose même pas compter les containers bloqués dans les ports, les sandwichs qui ne seront pas vendus dans les Délis de Washington, les vacances annulées, les prévisions corporate revues à la baisse, pour ne pas parler de l’incertitude croissante car l’année prochaine on risque de se retrouver rebelote au même point.

« The Editorial Board », le comité éditorial du Washington Post, est loin de voir le happy end discerné dans La Repubblica : « à la onzième heure, cet accord ne donne qu’un petit délai supplémentaire pour résoudre un énorme problème fiscal. Par la suite il faudra voir si oui ou non les Républicains live and learn , tirent les leçons. Notre droite dure, « the ultra right », ne peut visiblement pas être apaisée - le parti républicain n’a pas d’autre choix que de la confronter.

El Pais consacre son principal éditorial ce matin à l’expulsion vers le Kosovo de la jeune Leonarda Dibrani,

Sous le titre même « la cruauté en France »L’abrupte et inhumaine expulsion du sol français de cette jeune écolière semble le résultat de la dérive xénophobe dans notre pays voisin. Tous les éléments de cet événement dramatique sont suspects. Le silence officiel et médiatique pendant les premiers jours, puis le premier rapport de la police ».

Ce qui est inquiétant, pour le journal madrilène, c’est cette politique implacable du gouvernement français à l’encontre de certaines minorités telles les Roms, qui dénombrent à peine 20.000 personnes dans l’hexagone, et plus largement le refus de la République française à les intégrer, les obligeant à porter toute la responsabilité de l’échec de sa propre politique d’intégration.

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