Le référendum écossais électrifie la presse européenne

Ce ne sont pas les images de kilt, de brumes et de petites chaumières dans les paysages de tourbe qui manquent ce matin. La plus belle est dans The Herald à Glasgow, on voit un homme solitaire en haut d’une vaste colline, surveillant le soleil qui se lève sur un magnifique paysage des Highlands.

Sur place, les journaux sont encore plus radicalement opposés que jamais. « Sommes-nous vraiment le seul pays assez stupide pour ne pas gérer nos propres affaires ? », demande The Daily Record .

The Scotmsan , après avoir pesé le pour et le contre, conclut que « c’est dans l’intérêt de notre nation si grande, si fière de rester dans le Royaume Uni. »

Angle le plus curieux, The DailyRecord montre un morceau de poulet frit qu’un homme de 55 ans a acheté hier dans un KFC et qui, en effet, ressemble drôlement à une Grande Bretagne sans l’Ecosse. Le journal taquine ses lecteurs : « est-ce un présage ? ou est-ce simplement un morceau de poulet frit ? »

Le reste de l’Europe retient son souffle

Tout le monde est d’accord avec The Irish Times à Dublin : quel qu’en soit le résultat, ce référendum a des conséquences profondes, « deep implications » pour le reste du continent. Face à de nombreux séparatismes, « ce n’est pas sûr que tout le monde s’en sorte aussi bien que les Belges », prévient un peu bizarrement le journal irlandais.

Cessons de nous moquer de leurs cornemuses, châteaux, monstres, kilts et autres clichés, conseille le Aftonbladet à Stockholm. Ce qui risque de voir le jour, c’est une balkanisation de l'ensemble de l'Europe et c’est Vladimir Poutine qui va rire.

El Mundo voit à sa une le gouvernement espagnol en alerte, « avec le devoir » de « freiner tous les défis souverainistes ».

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung considère que les Ecossais sont de toute façon des Européens plus raisonnables que leurs énervants voisins du sud, puis en Suisse, Le Temps axe sa une sur la rente pétrolière, faisant un reportage depuis Aberdeen cette ville où les jeunes diplômés n’ont aucun problème pour trouver un emploi.

Chacun fait les comptes à sa façon, les Néerlandais étant réputés pour être près de leurs sous, voilà que le Algemeen dagblad titre ce matin sur le whisky, fabriqué dans une Ecosse indépendante, et qui risque de coûter plus cher.

A Londres, keep calm and don’t panic

C’est le jour où nous disons goodbye au Royaume Uni ? The Daily Mail n’est visiblement pas très content avec cette une et en veut au tennisman écossais Andy Murray lequel a attendu hier pour tweeter, devant ses 2,8 millions d’abonnés, que face à la négativité dégoûtante des défenseurs du « non », il allait voter oui.

The Independent va plus loin avec sa une : « David Cameron est-il sur le point de devenir le plus mauvais premier ministre dans l’histoire de la Grande Bretagne, lui qui devra peut-être, après demain, procéder au démantèlement du Royaume ? Non seulement il aura perdu l’Ecosse mais, en plus, il nous aura fâché avec le reste de l’Europe. Pour un homme politique, c’est déjà pas mal dans le genre « carrière pas brillante» - pour notre pays c’est une catastrophe ! »

Puis petit papier perdu dans The Guardian , mais qui montre l’étendue des dégâts si jamais c’est « Yes » demain matin : les îles Shetland (qui sont la pointe la plus extrême de ce qui est encore aujourd’hui la Grande Bretagne), n’aiment pas tant que ça les Ecossais finalement, et voteraient peut-être pour un statut différent du reste de l’Ecosse.

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