La crise en Ukraine à la Une de toute la presse européenne

Les journaux européens regardent, c’est vrai, de loin, ce qui se passe, faisant de leur mieux pour trouver des choses à dire dans les éditoriaux. J’ai même vu toute sortes de chiffres très variés ce matin sur le nombre de morts et de blessés.

Si l’on en croit le Kievpost sur place, il y aurait eu 22 morts depuis lundi selon son site réactualisé il y a deux heures. Très peu de journaux non ukrainiens ont des correspondants sur place , à l’exception du journal populaire allemand Bild dont le reporter confirme qu’il s’agit des pires confrontations depuis le début des protestations l’année dernière , et qu’hier, mardi, a été la journée la plus sanglante sur la place de l’Indépendance, réduite à un véritable champ de batille.

Que dit la presse sur place en Ukraine?

Il faut donc se méfier des partis pris, évidemment. Golos UkrainiLa voix de l’Ukraine , est le journal officiel de la Rada, le Parlement ukrainien qui dans sa dernière édition rend compte plutôt de la séance parlementaire hier où les députés ont entonné l’hymne national du pays. Le journal est d’accord avec le fait qu’il faut trouver un compromis de toute urgence et que plus que jamais, il n’y a plus une heure ni une minute à perdre.

Le journal Den , plus indépendant, parle de la dictature de la haine de chaque côté . En théorie, le pouvoir en place peut sortir de l'état d'urgence, mais dans ce pays, il n’y pas d'armée efficace ni moyen d’y parvenir.

Le journal Ukrainskaya Pravda , "La vérité en Ukraine", affirme que la place Maidan, hier soir, était "comme d'habitude, plus calme qu’il n’y paraît sur ​​les fils d’actualités fournis à l’Occident par Facebook" . Une accalmie incroyable sans doute avant un nouvel assaut, où l’on voit des femmes, et il y en a beaucoup qui fouillent les tas d'ordures pour faire du feu pendant que les hommes reconstruisent les barricades. Par ci par là on entend des chansons folkloriques. Certains manifestants démantèlent les pavés, et l’on voit même un prêtre se promener avec des icones sous les bras. Pendant ce temps, les forces de sécurité restent invisibles derrière un mur de fumée noire.

Qu’en dit la presse russe ?

Le point de vue est tout autre que ce que l’on lit plus près de chez nous. Cela se voit rien que dans la Une de la Nezavissimaïa Gazeta : « Toute l’Ukraine en chaos à cause de l’intégration européenne.»

Depuis trois semaines, le parlement ukrainien essaie de s'entendre sur la réforme constitutionnelle avec un retour temporaire à la Constitution en 2004, ce qui limiterait immédiatement les pouvoirs du président.__

Izvestia, toujours à Moscou, parle des radicaux qui lancent des bombes à fumée dans un bâtiment près de la rue Verkhovna, forçant les occupants à sauter par la fenêtre . Les informations du journal, quand on regarde de plus près, sont fournies par le ministère de l'Intérieur ukrainien.

__ Pour comprendre l’antagonisme entre les deux pays, il suffit de lire Kievpost

Là, on comprend la difficulté à mettre d’accord les camps pro et anti russes qui représentent chacun la moitié du pays .

Le journaliste revient sur les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, qu’il appelle les Jeux du Diable , et notamment sur la cérémonie d’ouverture : "Imaginez, vous qui êtes à l’étranger, que ces Jeux Olympiques étaient cette année en Allemagne et qu’on avait paradé la croix gammée en parlant d’une période et une expérience importante dans l’histoire du pays. Eh bien, c’est ce que certains d’entre nous ont ressenti en voyant passer le marteau et l’enclume, brandie comme une provocation ultime symbolisant la banalisation du mal que nous, dans le passé, nous avons subi ".

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