Le décès du plus grand critique littéraire allemand

Ce n’est pas tous les jours que le journal très populaire Bild met ce genre d’information à sa Une, d’habitude consacrée aux frasques des célébrités. C’est dire son importance : Marcel Reich Ranicki, « L’homme qui nous a montré que lire c’est s’amuser », c’est le grand titre. C’est un peu le Bernard Pivot allemand. Sa vie était comme un roman du siècle dernier, « lorsqu’il fut expédié par les nazis de Berlin dans un train à destination du ghetto de Varsovie, il a plongé son nez dans un livre, comprenant que la littérature, c’était son salut par rapport aux malheurs du monde ».

Ensuite, il a su transformer le pire des expériences humaines que ce pays a pu lui montrer en un engagement pour la culture et la littérature allemande. Sa mort, hier, est sur toutes les premières pages ce matin.

Die Zeit, « la littérature c’était sa patrie » ; le Tageszeitung rappelle dans sa Une qu’il n’a jamais perdu son humour juif, et puis le Frankfurter Allgemeine Zeitung pour lequel il a longtemps travaillé, titre tout simplement – « un très grand homme ».

Puis à propos de littérature, le Berliner Morgenpost montre la photo ce matin de poètes et d’écrivains qui sont venus manifester hier devant la chancellerie, avec des réclamations de tous genres. « Angela Merkel est restée insensible, les laissant sous la pluie froide de la capitale ».

La Grèce s’embrase avec des affrontements entre police et manifestants qui protestent contre le meurtre d’un rappeur antifasciste par un militant néo-nazi

C’est assez impressionnant : le journal Eleftherotypia fait la chronologie minute par minute avec des photos et vidéos impressionnantes des heurts, non seulement à Athènes mais dans tout le pays. « Outrage » c’est la Une du journal. Le présumé coupable, un homme de 45 ans membre de l’Aube dorée, le mouvement néonazi, doit comparaître ce matin.

Puis le racisme plus banal et quotidien, si l’on peut dire, à la Une duDaily Mail en Grande Bretagne ce matin. Polémique déclenchée par la direction du grand magasin chic de Londres, Selfridges. Elle a offert un déjeuner gratuit (et ce n’est pas donné quand on connaît le lieu) à un représentant du mouvement d’extrême droite, la ligue de la Défense anglaise, après que l’une des vendeuses du magasin, musulmane –et le journal met curieusement ce mot entre guillemets- ait refusé de servir la personne qui accompagnait l’un des dirigeants de ce parti.

Sinon, beaucoup de débats sur le port du voile dans la presse britannique en ce moment. La Grande Bretagne favorise beaucoup le « laisser-faire » dans ce domaine –ce matin The Telegraph révèle que, malgré les consignes, de plus en plus d’hôpitaux publics interdisent le port du voile aux infirmières musulmanes.

En Suisse, polémique à propos des travailleurs immigrés, mais pas forcément ceux que l’on croit

Car il s’agit -eh oui- des Français ! A Genève, le malaise frontalier envahit les urnes, c’est la Une du Temps ce matin. Le nombre de frontaliers a explosé en une décennie et le Mouvement Citoyens Genevois, un parti qui leur voue une ire farouche, « engrange des succès électoraux exponentiels depuis sa création il y a huit ans ».

Pour le MCG, donc, les frontaliers sont à l’origine de nombreux maux genevois, à commencer par le chômage. Ce parti a, en outre, inventé le terme d’«euro­frontaliers», désignant ceux venus de loin, alors que le Savoyard ou Gessien de souche peut encore bénéficier, paraî-il, d’une certaine mansuétude.

L’éditorial du Temps est plus réconciliateur : « l’afflux de main-d’œuvre étrangère a été bon pour la Suisse. Mais ses effets négatifs existent et doivent être corrigés –sans excès ».

Silvio Berlusconi toujours et encore sur les premières pages italiennes ce matin

Il est aussi indécrottable des Unes que de son siège de sénateur, même si hier, la Comission des Sénateurs a fait un premier pas pour le destituer de son statut de sénateur.

Voilà il Cavalliere qui s’adresse aux Italiens dans une vidéo :

« On peut faire de la politique même en étant en dehors du Parlement », dit-il. « Déchu ou pas, je serai toujours à vos côtés ».

Tous les journaux reprennent et analysent ses paroles ce matin, paroles comme une destitution planifiée , démocratie bafouée et surtout le mot qu’il prononce le plus souvent – innocente !

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