La crise en Ukraine toujours à la une ce matin ?

C’est l’une des bizarreries de notre planète : le Président Ianoukovitch partage la une aujourd'hui avec le rachat de What'sApp par Facebook. Les rédactions hésitent visiblement entre les deux. Prenez la presse belge : La Libre Belgique annonce à sa une que le président ukrainien veut mettre fin au bain de sang puis, en deuxième titre juste en-dessous, le rachat de What'sApp par Facebook pour 19 milliards de dollars. Le Soir de Bruxelles fait exactement l’inverse.

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Du nouveau sur la crise à Kiev ?

Il vaut toujours mieux regarder sur place, surtout quand on ne connaît pas bien l’Ukraine, ce qui est le cas de la plupart d’entre nous qui avons tendance à imaginer que tout cela se résume à une bataille entre les partisans de l'Union européenne d’un côté, et ceux de la Russie de l’autre. Eh bien, le titre de l’éditorial du Kiev Post ce matin nous dit que ce n’est absolument pas le cas : "Même si les médias occidentaux sont bien intentionnés, ils dépeignent le conflit chez nous comme s’il s’agissait d’un remake de la Guerre Froide. L'Ukraine est un pays de 50 millions de personnes, avec une grande variété de points de vue et de cultures. Le peuple ukrainien dans sa majorité ne veut pas se séparer de la Russie. Ce n’est guère plus imaginable que si le Mexique ou le Canada se désengageaient des États-Unis. La majorité des ukrainiens n’est pas fan inconditionnelle de l'Union européenne non plus, et quand bien même, il faudrait attendre une bonne décennie pour adhérer. Pourquoi donc braver le froid, et les balles meurtrières des forces de l’ordre ? Pourquoi même les membres de la classe moyenne quittent leurs maisons confortables pour risquer leur vie devant les barricades ? Il s’agit de corruption et de droits de l’homme. Il importe, je cite, que notre président cesse de piller le pays, engrangeant l’argent dans les banques occidentales. " Le journal de Kiev fournit comme preuve ce qui est présenté comme le catalogue de ses actifs et capitaux.

Comment la rencontre Merkel Hollande hier a-t-elle été perçue, notamment sur le dossier ukrainien ?

Le Temps en Suisse résume le tout, voyant l'Union européenne embourbée dans le chaos de Kiev. Pour Die Welt en Allemagne cette rencontre s’annonçait sous le signe de nouveaux projets franco-allemands, mais ce qui en est ressorti, c’est l’impuissance du couple Paris-Berlin. En Espagne, ABC regrette vivement que Merkel et Hollande n’arrivent pas à concretar . The Guardian britannique reste au-dessus de la mêlée, affirmant que l’Ukraine est en passe de traverser la plus grande crise depuis des années. En jeu surtout les relations de plus en plus épineuses entre les États-Unis et la Russie, une méfiance mutuelle qui risque de toucher des dossiers aussi dangereux que la Syrie ou le nucléaire iranien. L’Ukraine a cessé d’être un pays lointain. Désormais la situation sur place menace profondément notre avenir à nous tous.

Et sinon pour finir, des bisbilles entre l’Italie et l’Espagne à propos de pasta

Oui, la presse italienne est de plus en plus remontée contre le nombre croissant de restaurants italiens en Espagne appartenant à la nouvelle chaîne « La Mafia ». Il y en a 34 en tout. On y mange des pâtes et de pizzas dans une ambiance Cosa Nostra, avec aux murs des photos d’illustres mafiosi siciliens et autres membres de la N’Drangheta. La Repubblica rétorque : imaginez vous l’effroi en Espagne si nous faisions des restaurants à la gloire des terroristes de l’ETA ? Ou en Allemagne des brasseries vendant des saucisses dans un décor pimpant inspiré de la Fraction de l’Armée Rouge ? Un député italien s’insurge dans le journal, voulant distribuer des tracts à la sortie des restaurants pour informer les espagnols que la Mafia, ce n’est pas ce que l’on voit dans un film de Coppola, et encore moins une global branding de l’Italie. Contacté par La Repubblica , le service de presse de la chaîne explique qu’il il y est plutôt question de roses, d’amour et de sourires. Une explication que le journal romain avale comme un plat de gnocchis froids.

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