Aujourd'hui encore, la France est sur les premières pages européennes -mais pas du tout pour les mêmes raisonS

La presse continentale est choquée dans l’ensemble par les révélations concernant l’espionnage des Français par les Américains . The Irish Times à Dublin parle de la colère française et la comprend. La Libre Belgique titre à sa une « Obama se défend auprès de François Hollande ».

En Italie, La Repubblica et La Stampa sont consternées par cette affaire baptisée la « Datagate ».

Aux Pays-Bas, de Volkskrant trouve que les questions sur les pratiques américaines sont tout à fait légitimes.

En Grande-Bretagne, The Guardian est du même avis : également à sa Une ce matin, ces révélations posent de vraies questions quant au déploiement de la technologie américaine -le président Obama l’aurait concédé lui-même au cours de son coup de fil explicatif avec François Hollande. D’autres pays commencent à s’inquiéter.

A Madrid, la Une d’El Pais ce matin annonce que l’Espagne, elle aussi, est sous l’œil de l’espion américain.

Les réactions aux Etats-Unis

The New York Times met une photo de Manuel Valls avec l’intitulé « shocking », « choqué » à l’idée que nous, Américains, nous puissions écouter aux portes d’un ami.

Le journal cite en long et en large les révélations dans Le Monde, décrit à son lectorat comme « an authoritative French newspaper », un journal français qui a de l’autorité.

Le Washington Post, lui, parle d’un mal de tête diplomatique pour l’Etas Unis –tel un aspirateur, l’Agence Nationale de Sécurité a avalé 70 millions de coups de fils. Ces pratiques laissent le gouvernement américain « patauger ».

Tout le monde est outré ce matin, sauf...

...L'éditorial du Telegraph britannique. La France est choquée, « choquée ? » à l’idée que les Etats-Unis espionnent leurs alliés. Cette attitude rappelle à l’éditorialiste la scène dans Casablanca dans laquelle le policier français ferme le bar de Rick parce qu’il est « choqué », lui aussi, que l’on puisse y jouer pour de l’argent.

Il en est de même pour Laurent Fabius. La vérité, c’est que cela ne choque personne! C’est aussi surprenant que si on avait révélé que les restaurants à Paris sont meilleurs que ceux de Washington. Après tout, la France espionne ses alliées elle aussi depuis des lustres. Le journal cite un homme d’affaires allemand cité aussi par Wikileaks pour lequel la France constitue en termes d’espionnage commercial un plus grand danger pour l’Allemagne que la Chine ou la Russie.

Il n’y a guère quePublico et The European Voice, journal pondu dans les coulisses bruxelloises, qui titrent sur le fait que la commission des libertés du Parlement européen vient d’approuver de nouvelles mesures pour protéger nos données personnelles en Europe. Mais comme à chaque fois que l’Union Européenne fait quelque chose de bien, cela passe largement inaperçu.

On n’est pas à l’abri de surprises, en ce qui concerne ses données personnelles, même après sa mort

The Telegraph publie des consignes ce matin, indiquant qu’il faut bien prévoir de clôturer ses comptes notamment Facebook et Twitter en vue de notre propre décès . Cela a l’air grotesque, mais comme le rappelle le journal, il y va de nos affaires personnelles, financières, surtout bancaires, voire émotionnelles. Voulons-nous vraiment que nos proches continuent à recevoir des avertissements de notre joyeux anniversaire si nous ne sommes plus là ?

Comme conclut joliment le journal, en ce qui concerne l’au-delà virtuel, « c’est impératif de prévoir son séjour dans le grand café internet au Ciel ».

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