Le retour de Sarkozy est-il commenté dans la presse européenne ?

Je me suis posé la question hier soir en me couchant car les retours d’anciens hommes politiques n’intéressent pas forcément la presse dans d’autre pays. Par exemple la place prépondérante la semaine dernière dans le référendum écossais de celui qui fut le premier ministre britannique à l’époque de Sarkozy, Gordon Brown, n’a pas vraiment électrisé la presse parisienne.

Le résultat dans la presse

Pas mal de choses, souvent en première page, les rédactions ayant suivi le tout sur TV5 Monde Europe. Chacun extrait une phrase en titre, « Je n’ai pas d’autre choix vu la situation actuelle" du Telegraaf au Pays-Bas, "Je reviens pour freiner le Front National" pour El Pais à Madrid tandis que Die Welt à Hambourg est d’accord que la situation française menace l’Europe entière.

Les journaux des pays francophones font leur Une dessus - celle de La Libre Belgique : « Sarkozy attaque Hollande, Moi président, il en reste une litanie de mensonges ». C’est plus sexy dans Dernière Heure "Sarkozy flingue Hollande" mais le journal belge pointe la question : "Et les affaires alors ?"

Le Matin à Lausanne met en exergue le fait que l’ancien président concède ses erreurs mais à GenèveLe Temps trouve que l’ancien président a eu beau répéter qu’il avait tiré les leçons de son quinquennat, rien ne semble différencier Sarko 1 de Sarko 2. Sous des airs de sage marathonien revenu de tout, s’efforçant de maîtriser ses tics, répétant qu’il est prêt à répondre à « toutes les questions », il a surtout fait devant les caméras la démonstration de ce qu’il croit encore être sa meilleure arme: son inébranlable confiance en lui.

A Londres, éditorial dans The Times

Nicolas Sarkozy est un homme politique défectueux, a flawed politician , le charisme qui l’a fait entrer à l’Elysée a subi pendant son premier mandat un morphing en narcissisme vicieux. Néanmoins, lui seul a la vision, "les médicaments" dont la France a besoin, opine le quotidien conservateur qui enchaîne sur du Hollande-bashing. L’actuel président, avec son style soporifique a perdu le soutien au mieux tiède même au sein de son propre camp, et le journal fait une salve contre ce symbole de l’échec français : les 35 heures. Ce privilège monstrueux, ce modèle copié par aucun autre pays au monde.

En Allemagne, Der Spiegel se tourne davantage vers la visite de Manuel Valls en Allemagne aujourd'hui et demain, séjour exceptionnellement long où le premier ministre « smart et élégant » aura donc le temps d’entendre toute l’ampleur des critiques de tous les partis d’outre Rhin, dans cette période où cela va mieux que jamais chez nous, contrairement à la France, car - et le magazine titre en gras pour ceux qui n’auraient pas compris - le modèle de l’état social français a échoué.

Et le réchauffement de la planète là-dedans ?

Il n’y a guère que Politiken au Danemark qui remarque à sa Une ces centaines de milliers de personnes dans les rues partout dans le monde hier pour défendre le climat. Quelques titres aussi dans la presse européenne sur les manifestations anti-Poutine hier à Moscou, défilés résolument absents en revanche des premières pages d’Izvestia ou de Nezavissimaia Gazeta sur place. Puis en parlant de retour des anciens, on a un petit sursaut en lisant le titre deLa Repubblica à Rome où Silvio Berlusconi, dont on voit le visage coléreux et qui fulmine "S’ils ne font pas ce que je dis, ils vont tout perdre". Il suffit de cliquer sur la suite pour voir qu’il s’agit des conseils que l’ancien chef du gouvernement offre à l’équipe de foot de Milan contre la Juve…..

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