Les bonnes nouvelles de la journée

« Une journée de good news pour la zone euro » C’est la une, illustrée par l’image d’une liasse de billets de cinquante euros renflouant une caisse. Les obligations portugaises prennent de la valeur, la Grèce respecte ses objectifs budgétaires et l’activité entrepreneuriale prend de l’essor. L’Union Européenne ragaillardie. Hélas c’est la une de The European Voice, un journal qui circule dans les coulisses bruxelloises et que personne ne lit !

Et faute de bonne nouvelles...

Les affres de la zone euro ont rempli les premières pages depuis des mois et des mois. Là quand ça va mieux, les journaux n’en parlent pas et préfèrent même du non-news. Prenez la une du Irish Independent, qui est pas mal dans le genre, annonçant que le ministre des transports australien croit pouvoir affirmer que le débris échoué au large de la côte australienne hier n’appartient pas à l’avion disparu MH730. D’autres journaux préfèrent titrer sur les affaires de la paroisse. Le Berliner Zeitungregrette vraiment à sa une la fermeture de l’un des pubs mythiques de la ville, Alt Berlin, le Vieux Berlin, et lui souhaite un dernier Prost ! là où depuis 121 ans des nuages de fumée noircissent les murs en bois, scrutés naguère par Berthold Brecht. Dans le genre paroissial j’ai trouvé mieux encore dans la presse islandaise, dont je sais que vous êtes un lecteur féruI. Toute une controverse à Reykjavik en ce moment à cause d’un résident qui propose des tasses de café aux passants depuis sa fenêtre. Il n’accepte pas d’argent mais des donations pour des œuvres charitables, mais une telle activité ne semble pas suffisamment encadrée par l’administration islandaise, dont on devine à travers les lignes du Morgunbladid qu’elle est rudement tracassière.

La télévision sur les premières pages

Chez vous la une deLa Libre Belgiquece matin annonce que la RTBF entend transformer l’eurocratie en Web-série à succès. "Eurobubble" s'inspirera de "House of Cards" une série d’origine britannique, et traitera de la manière de conquérir le pouvoir au niveau européen. Télé toujours. On n’imaginait pas forcément la rédaction du Süddeutsche Zeitung à Munich fan de Baywatch, mais tout un dossier dans le journal qui, sous le titre – secourez-moi Mitch ! fête les 25 ans de cette série qui a rendu le métier de garde côte sexy, je cite, et qui fait que certains d’entre nous courent toujours sur les plages comme si nous étions filmés au ralenti, Charline, vous épatez souvent les baigneurs de Knokke le Zout. Polémique télévisuelle en Italie, Corriere della Sera fait part de l’ire d’un ancien acteur bolognais, actuellement recyclé en candidat aux élections européennes, et dont la RAI a supprimé les scènes où il figurait mardi soir dans un téléfilm, conformément aux lois électorales. Ivano Marescotti dénonce un idiozia, son absence rendant l’intrigue impénétrable. Les téléspectateurs italiens ne sont pas les seuls, ceux de la BBC ont eu du mal, eux aussi, à suivre une grande méga-production en prime time. Il s’agit d’une adaptation du roman « L’auberge de la Jamaïque », une histoire de passion fougueuse dans les landes Cornouaillaises mais dont l’audimat a chuté de façon drastique en raison des acteurs qui marmonnent de façon incohérente et incompréhensible, singeant le dialecte local. La productrice n’est pas d’un grand secours dans The Telegraph, affirmant que dans cette œuvre, il ne s’agit pas forcément de ce que les acteurs disent, mais de ce qu’ils ne disent pas. De toute façon ce n’est pas grave car la Une du Independent concerne également la Cornouaille, ce petit bout de terre magnifique au sud-ouest des îles britanniques dont par hasard je suis moi-même issu. Sachez donc, qu’aujourd’hui le gouvernement va reconnaître enfin, après mille ans de servitude à la botte anglaise, que les cornouaillais sont reconnus désormais comme peuple minoritaire, au même titre que les écossais et les gallois.

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