The Economistpose la question en titre : « Ukraine, what now ? » Que répond la presse ?

Si Julia Timochenko espérait un état de grâce après sa libération, il ne faut pas trop qu’elle lise les journaux européens ce matin.

Die Presse, à Vienne, résume le sentiment général en titrant son éditorial :pourquoi Julia Timochenko n’est pas la femme du moment. __

Die Welt en Allemagne trouve qu’elle est sans doute plus jolie, mais dans le fond c'est la même chose que Ianoukovitch.

The Daily Mailbritannique va plus loin, publiant un portrait dévastateur, (c’est le journal qui le dit) de celle qui se pose en salvatrice de l’Ukraine . Ne soyez pas dupes de son apparence angélique, elle est aussi impitoyable qu’elle n’est corrompue.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung regrette que les forces démocratiques n’aient pas d’autres choix, hélas, que de s’appuyer sur les structures existantes. Plusieurs journaux sont d’accord avec le Tageszeitung :il faut éviter la chasse aux sorcières .

En Norvège, le Aftonbladet n’a pas trop apprécié non plus l’intervention de Mme Timoschenkl place Maidan, qui ferait mieux de s’abstenir de la vengeance. __

Der Spiegel annonce à sa Une ce matin qu’Angela Merkel se méfie de Timoschenko , un fait que le magazine appuie avec une photo ancienne où la chancelière contemple de façon on ne peut plus sceptique celle qui n’aura été que quelques instant l’héroïne de la place Maidan.

L’attitude de Poutine soulève des questions

Pour le moment, à Moscou, on se réveille ce lundi matin dans le bonheur de ce qu’Izvestia appelle à sa une « la victoire absolue de la Russie… aux JO de Sotchi » .

Ailleurs, c’est plutôt l’attitude russe vis-à-vis de Kiev qui inquiète. Le Süddeutsche Zeitung tente de combiner les deux éléments en annonçant en titre que la Russie est désormais en compétition avec la réalité. __

Die Welt trouve quele choc de Maidan va forcément changer la Russie de Poutine .

Publico à Lisbonne est le plus véhément, rappelant que dans les années 30, Staline a fait mourir de faim des millions de paysans ukrainiens , confisquant leurs réserves de céréales dans un génocide barbare qui a touché 75% de la population. La Russie a certes donné au monde Tolstoï, Tchaïkovski et Chagall, mais a souvent été gouverné par des autocrates. Le tsar Nicolas II, le camarade Staline et Poutine sont trois faces de la même médaille haineuse.

L'Europe ne doit pas laisser tomber les insurgés de Kiev. Point de vue partagé dans The Independent, où un ancien ministre du gouvernement de David Cameron affirme, une fois n’est pas coutume dans la presse Outre-Manche, que les évènements en Ukraine nous montrent les bienfaits précieux de l'Union Européenne . Dommage que ce soit justement un ancien ministre, Chris Huhne, qui vient de sortir de prison pour escroquerie, qui le dise.

The Independent s’intéresse aussi aux bérets

Commençons la semaine avec les stéréotypes.

Le journal s’inquiète des problèmes du dernier fabriquant des bérets français, Laulhere, engagé dans un combat ultime avec des importateurs chinois et tchèques, après 174 ans d’existence . Cette coiffe est aussi symbolique de la France que les gauloises et les baguettes, rappelle le journal. Il y a des bérets et il y a des bérets, explique Mark Saunders, un Irlandais installé en France, chef de vente depuis vingt ans. On apprend des choses intéressantes, par exemple : le béret traditionnel contient un kilomètre de laine mérinos, il est étanche et retient sa forme même après avoir été enroulé et de plus, il demeure résistant à la lumière ultraviolette.

Et puisqu’on en est aux stéréotypes, polémique dont seul les Belges ont le secret dans le Soir de Bruxelles avec l’accueil de deux pandas chinois hier dans le pays , et toute une polémique flamando-wallonne (« een haartelijk welkom ! ») puisque le directeur du zoo a adressé la bienvenue aux infortunées bêtes, sans doute déjà assez désorientés par leur long trajet, en langue néerlandaise.

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