"What a difference a day makes". En effet, quelle différence en une journée ! 24 heures où tout a changé.

Hier matin, le ton était au triomphalisme ; aujourd'hui, la victoire d’Angela Merkel a des relents de sacrée galère.

Der Spiegelrésume bien le problème-le rouge ça va pas, le vert non plus, Angela, que vas-tu faire ?

C’est en effet une victoire qui coûte très cher, constate le Frankfurter Allgemeine Zeitung, dont le ton est nettement moins euphorisant qu’hier.

Die Zeit affiche même unephoto impressionnante, qui en dit long sur la situation. On voit la chancelière derrière la vitre embuée de sa voiture, son regard inquiet à travers les gouttes de pluie.

Le Tageszeitung craint à sa Une ce matin l’avènement d’un nouveau chauvinisme allemand. Le CDU a gagné des points en flirtant avec le populisme de droite, et la politique allemande sera désormais nettement plus nationaliste.

Et pour pointer les difficultés, à Munich, le Süddeustche Zeitung met l’accent sur les conflits internes au sein du SPD, la gauche, incapable, pour le journal, d’entrer en coalition tant que ses propres problèmes internes n’ont pas été réglés.

Les journaux, ailleurs en Europe, ont eu le temps, eux aussi, d’évaluer la nouvelle donne chez ce voisin puissant

Et chacun voit midi, ou Merkel, à sa porte. The Telegraph à Londres par exemple, titre « Ce triomphe est une très bonne nouvelle pour la Grande Bretagne ».

David Cameron trouve en enfin ce dont il avait besoin – « a window of opportunity », une petite fenêtre où il faut saisir l’occasion – même les socialistes de François Hollande, « ont affirmé la semaine dernière vouloir moins de Bruxelles ».

A gauche, The Guardian dit plus ou moins la même chose mais de façon moins chauvine : « La victoire d’Angela Merkel peut encore sauver la Grande Bretagne de nos pires excès, et ça aussi, c’est une bonne nouvelle pour le premier ministre ».

Même genre d’analyse locale dans le Volkskrantau Pays-Bas : Merkel est le bouchon sur la bouteille en ce qui concerne les tensions et les pouvoirs populistes en Europe. Tandis qu’aux Pays-Bas, la politique a perdu de sa stabilité, en Allemagne il y a Merkel qui respire le calme .

ABC est d’accord, à Madrid : « Merkel défend tout ce qui est durable et fait peu de cas de la politique à court terme. Regardez qui a voté pour elle, les entrepreneurs, les femmes et les retraités. Qui a voté à gauche ? Les jeunes ».

Le ton n’est pas forcément le même en Grèce

Nettement plus amer. Ecoutez le journal To Vima : les Allemands ont dit oui à une souveraineté érigée sur les ruines de la partie sud de ce qu’il reste du Vieux continent "uni". C’était évident et prévisible : Angela Merkel a peut-être mené une grande partie de l'Europe à la catastrophe, mais elle a permis aux Allemands de ne faire de l’Europe qu’une bouchée.

A Moscou, Izvestiasemble persuadé ce matin quela chancelière va resserrer ces liens avec Poutine.

Puis, d’un point de vue plus continental, Le Soir de Bruxelles est morose : « Merkel triomphe, En Europe rien de nouveau donc ».

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Puisqu’on en est à la musique, terminons sur du Mozart ?

The Times consacre son éditorial ce matin à Mozart, la musique d’attente que l’on met le plus souvent dans les services téléphoniques des municipalités britanniques, et qui résume bien, quand on y pense, l’attentisme continental vis-à-vis de le suite des événements – « Ne quittez pas…»

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