A propos du fameux ping-pong sur les propositions grecques envoyées à Bruxelles...

Le mot que j’ai vu le plus ce matin est « sceptical », « skeptisch » voire « escepticos » dans la presse espagnole.

« C’est très bien d’envoyer les propositions. Ce qui est bête, c’est que certains scrutent les détails », ironise le Frankfurter Allgemeine Zeitung qui propose ce matin sa propre lecture « avec annotations » du document rédigé par Athènes. Le moins que l’on puisse dire est que le journal conservateur n’y croit pas trop : « par exemple, quand Syriza vante les capacités des nouvelles technologies à renflouer les caisses de l’Etat. Cela veut dire quoi ? »

"Un bon vieux compromis mou"__

C’est exactement le titre du Frankfurter Rundschau . Bild est allé demander à des députés allemands : « et vous, vous donneriez votre épargne pour venir en aide aux Grecs ? »

Les réponses ne sont guère positives, un député de droite se bornant à dire que ce n’est jamais prudent de donner son argent à un état, qu’il soit grec ou allemand, ou le leader des Verts qui rétorque simplement que les affaires de sous, c’est du domaine privé. __

The Financial Times li aussi a lu les propositions. On peut se demander combien de ses lecteurs vont profiter de son offre de télécharger l’intégralité des documents sous forme de PDF.

Peut-être faut-il écouter la sagesse d’ABC à Madrid qui conclut ce matin que l’Europe est devenue mûre au soleil de la Grèce, avant de poser de façon contemplative la question : « comment se fait-il que l’Allemagne ne s’endette jamais ? »

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Même les Finlandais s’endettent

La une du Helsingin Sanomat ce matin contredit l’idée selon laquelle la Finalnde est un bastion du bon sens économique : « Nous enregistrons une dette totale de 100 milliards d’euros avec chaque jour 14 millions d’euros supplémentaires. C’est l’équivalent de 17 000 euros par Finlandais, en gros le prix d’une belle voiture. Comment une telle chose est possible ? Parce que les investisseurs croient toujours en notre économie, pour le moment ».

Histoire de gros sous toujours : les Polonais sont contents

Gazeta Wyborcsa se félicite des 31 milliards d’euros consentis par l'Union Européenne la semaine dernière aux régions polonaises, surtout la Silésie : « Nous allons pouvoir réparer nos chemins de fer et nos routes », et le journal propose aux lecteurs d’appuyer sur une carte interactive dans le genre – « et quelle est la manne chez vous ? »

Les Russes aussi font les comptes

Jour après jour, Izvestia s’indigne de quelque chose qui vient de la partie occidentale du contient. Aujourd'hui, c’est le coût de l’encre suisse et allemande utilisée pour imprimer les billets de roubles, en nette augmentation depuis le déplafonnement du franc suisse. J’ai appris quelque chose ce matin grâce au journal moscovite, c’est que chaque billet d’euro déjà coûte entre 6 et 10 centimes pour sa fabrication. La puissance actuelle du franc suisse a d’autres effets inattendus.

Le très austère Wall Street Journal remarque avec amusement que le maire de Constance vient d’interdire carrément la livraison de pizzas exprès depuis l’Allemagne car, avec les taux de change très favorables, les douaniers ont intercepté : « des camions entiers de pizzas arrivant toutes chaudes de l’autre côté de la frontière ».

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