La presse de nos voisins parle de politique fiscale de la France ce matin

Quand j’ai fait ma dernière revue de presse européenne sur France Inter en 2000, le Frankfurter Allgemeine Zeitung fulminait contre la politique fiscale de la France. 13 ans après le Frankfurter Allgemeine Zeitung fulmine toujours. « La France devrait s’inspirer de Montesquieu pour sa politique fiscale», titre son éditorial ce matin – « quand les impôts sont trop élevés, l’argent ne remplit pas les caisses de l’état. »

« L’esclavage fiscal n’aboutit à rien »,__ avertit le journal conservateur, «et les socialistes français serrent trop la vis, au-delà de la douleur acceptable ». Le journal de Francfort n’est pas seul à commenter les initiatives françaises en ce moment –Die Welt n’est pas convaincu par la vision 2025 du président– « au lieu de se préoccuper du présent, François Hollande se pose en Captain Future », et même à gauche le Süddeustche Zeitung, qualifie les projections sur l’avenir « d’élucubrations hallucinées. C’est lâche – et malhonnête, à l’égard du peuple français qui pressent depuis bien longtemps que des coups de rabot dans les ‘acquis sociaux’ lui pendent au nez. »

D’autres voisins sont un peu moins critiques à l’égard du Président ce matin

Le correspondant à Paris duIndependent britannique, John Lichfield, trouve que c’est "refreshing", (rafraîchissant !) de tomber sur des dirigeants politiques qui pour une fois élèvent le regard au-delà du prochain sondage.

« Le séminaire 2025 de la semaine dernière est une façon de réformer la France et de l’empêcher de continuer à tourner le dos à la globalisation. L’intention c’était de montrer que le pays avançait, en dépit du progrès à l’escargot des derniers mois. Il y a donc, conclut le journaliste, quelques raisons de croire que le Président Hollande a raison. »

Beaucoup de Unes ce matin dans la presse internationale portent sur la Syrie

Une attaque sera lancée par les Etats-Unis et la Grande Bretagne dans les dix jours à venir, c’est la Une de La repubblica en Italie, décision définitive prise dans les 48 heures. Cela ne reflète pas forcément l’opinion sur place en Grande Bretagne. Le Guardian affirme ce matin qu’il serait une folie d’intervenir en Syrie sans tirer toutes les conséquences du spectre de l’intervention en Irak. « Sans cela, on n’a pas le droit de faire des leçons de morale sur les droits de l’homme. » pour le journal de gauche. De Volkskrant au pays-Bas titre ce matin sur la grande peur de la contamination de l’eau en Syrie, après les attaques chimiques, qui pourraient menacer toute la chaîne alimentaire.

A Jérusalem, le journal Haaretz dans son éditorial ce matin prévient que même si cette année a été calme, les Israéliens doivent se préparer aux conséquences d’une attaque contre Damas et que la région entière s’embrase.

Le Wall Street Journalest persuadé ce matin que c’est l’Arabie Saoudite qui tient les clefs d’une solution, la CIA ayant constaté que le roi saoudien a demandé au Prince Bandar de s’en occuper, un vétéran des intrigues, « entre Washington et le monde arabe – seul à même de fournir ce que la CIA ne peut pas – des avions remplis d’armes et d’argent, et du wasta », mot arabe pour une grande influence sous la table. »

Lors de ma dernière revue de presse, les Britanniques pestaient contre l’Europe, - rebelotte, avec à la Une du Telegraph ce matin où l’on tombe sur le maire de Londres, Boris Johnsson, qui opine que la Grande Bretagne doit élever son regard au-delà de Bruxelles, et rétablir les liens avec le Commonwealth, l’Australie notamment en créant une zone de mobilité de la main d’œuvre bilétarale. « Il faut cesser de se considérer comme de petits européens régis par Bruxelles » conclut le maire de Londres, jamais réticent à déclencher la polémique.

Lors de ma dernière revue de presse, les Italiens affrontaient une ribambelle de crises gouvernementales, je tombe sur la une du Corriere della Sera : « le président du conseil veut éviter à tout pris une crise de gouvernement – « jeter tout dans la mer en ce moment serait une catastrophe, dit Enrico Letta.

Pour finir, idem pour les Belges; il y a douze ans tiraillés entre Wallons et Flamands sur les questions identitaires, même chose dans l’éditorial du Soir de Bruxelles. Le journal fustige le mauvais nationalisme wallon du moment, mais félicite le premier ministre Elio di Rupo, qui a salué une par une les Red Panthers, avec un mot pour chacune de ces jeunes filles qui portent haut les couleurs nationales, chantant a cappella l’hymne belge, en alternant français et néerlandais et qui font beaucoup plus pour l’exaltation du « nationalisme ouvert » que la banalisation de terme dangereux par des hommes politiques.

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