Les images pittoresques ne manquent pas pour parler de la crise en France…

« Frankrike är elefanten i eurozonens rum », « Les Français sont les éléphants dans la pièce de l’eurozone », annonce le Svenska Dagbladet à Stockholm.

Eleftherotypia, en Grèce, évoque à sa une le vortex français au milieu de la grande spirale européenne.

The Telegraph titre sur la France qui est, en VO – « in a right old state » – en anglais, « quelque part entre un drôle d’état et un état pitoyable ».

Les Allemands sont les premiers concernés

« Ca y est ! Hollande a échoué », c’est la une de Die Welt , à droite, qui voit la France dégringoler à vue d’œil.

A gauche, le Süddeutsche Zeitung concède que l’heure est grave et que l’économie française est faible à faire peur. De plus en plus de voix, celle d’Arnaud de Montebourg, certes, mais aussi celle du dirigeant de la Banque Centrale Européenne, s’élèvent pour dire que « c’est la faute aux Allemands », je cite.

LeTageszeitung constate que la France a perdu le match, mais le journal de gauche pose tout de même la question plus inquiétante à ses lecteurs : si le modèle allemand l’emporte, qui c’est qui va acheter nos produits ? Et si on changeait tout, si c’était nous qui importons ? - volontiers, mais là, il faut augmenter nos salaires ! »

Pendant ce temps, la chancelière est en Espagne

Sur le chemin de Compostelle, sous le regard de plusieurs saints dans la cathédrale, dont le regard bienveillant illumine les premières pages madrilènes ce matin. Contrairement aux « diferencias irreconciliables » en Paris dont parle El Mundo , « Angela Merkel est hagiographique par rapport à mein Freund Mariano , mon ami, le premier ministre espagnol Rajoy ».

La crise gouvernementale française n’est pas trop présente sur les premières pages italiennes, peut-être parce qu’ils en ont tellement l’habitude eux-mêmes, mais La Repubblica se félicite que Manuel Valls ait déclaré que « l’Europe devrait faire comme les Italiens de Matteo Renzi ».

Les Suisses critiquent Arnaud Montebourg

Le Temps le voit à sa une « en route vers nulle part ». Le départ du trublion de la Bresse offre une occasion rêvée à la France de mener enfin de vraies réformes, constate le journal genevois. Le Neue Zürcher Zeitung ironise – ce n’est pas tous les jours que l’on voit un ministre de l’Economie critiquer de fond en comble la politique économique de son propre pays, tout en espérant conserver son siège. Pendant ce temps, il y en a une qui jubile, rappelle le journal zurichois, celle qui compte sur l’échec des partis traditionnels, Marine le Pen.

Et les Britanniques dans tout cela ?

Les railleries sarcastiques ne manquent pas ce matin et The Times est toujours inégalé en la matière. La constance n’aura guère été l’un des traits marquants des deux années du règne pitoyable de François Hollande, c’est le début de son éditorial qui poursuit dans la même veine. Ce n’est pas tous les jours que The Telegraph plaide la cause continentale. La tragédie de la France, c’est qu’elle a perdu deux années à zigzaguer entre différentes politiques économiques. Eh bien, c’est la confusion qui a prévalu !

« For the sake of Europe », « au nom de l’Europe ! » Il faut trouver quelqu’un capable de mener à bien les réformes structurelles dont la France a si cruellement besoin. Il n’y a que The Economist qui décèle un résultat encourageant, que François Hollande en finisse avec son aile gauche et adopte une équipe modérée avec ce que le journal appelle des « sensible economists », des économistes raisonnables. C’est d’ailleurs le même mot que feu Madame Thatcher utilisait pour parler des chaussures qu’elle choisissait toujours (« sensible shoes »).

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