L’ombre d’un passé sombre rattrape Angela Merkel

Angela Merkel était de visite en Israël. Aucun chef de gouvernement allemand n’a été aussi bien accueilli dans l’état hébreu : «des bises pour la Chancelière », titre Bild , parlant de celles échangées avec Shimon Peres à Jérusalem hier, et de l’accueil chaleureux sur place, en dépit même des mots francs de la chancelière à propos de la question palestinienne.

Die Welt montrela Chancelière émue de recevoir une médaille d’honneur israélienne et constate qu’elle est bien aimée parmi les Israéliens.

Maisla photo qui fait le tour de la presse européenne ce matin c’est le moment malheureux où le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu lui montre quelque chose et, comble de malchance, l’ombre de son doigt crée ce que La Libre Belgique appelle « une moustache mal placée » juste au-dessus de la lèvre supérieure de la Chancelière. C’est évidemment cet instant qui ce matin est immortalisé dans de nombreux journaux.

Une autre femme politique rattrapée par son passé en Grande Bretagne

Tout un scandale en Grande Bretagne en ce moment concernantle numéro 2 du parti travailliste, Harriet Harman, une figure de la classe politique d’Outre-Manche qui se bat depuis 40 ans pour les droits des femmes et des enfants notamment.

Au début de sa carrière, en 1972, elle appartenait à une société pour la défense des libertés qui avait brièvement accepté, parmi mille autres associations affiliées, un mouvement pour les droits des pédophiles, ceci deux ans avant qu’elle ne rejoigne le mouvement.

Cette association a été rapidement bannie par la suite. Depuis 4 jours, The Daily Mail , journal de droite, exige sur sa première page des excuses de sa part . Cela a fait l’ouverture de tous les journaux télévisés hier et ce matin The Mail regrette que Mrs. Harman refuse TOUJOURS de s’excuser.

L’Ukraine est tombée des Unes

Nettement. Les Ukrainiens sont désormais laissés à leur sort. The Times résume le mieux, cruellement même, la situation avec un article intitulé : « il faut acheter l’Ukraine sinon c’est Poutine qui gagne ».

Pendant ce temps, on lit des signes de la reprise économique sur notre continent

C’est incontestable. La Une de ABC à Madrid l’annonce fièrement : l’Espagne va mieux , citant un discours du président du gouvernement Rajoy au parlement hier.

El Pais plus à gauche, nuance davantage : « Rajoy annonce dans un discours triomphaliste la fin de la crise, mais évite de parler d’immigration ou d’avortement » .

Cela dit, l’essor de l’économie européenne devient manifeste, si même The Telegraph britannique affirme que 2014, c’est l’année des PIGS, Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne.

A la Une de la presse italienne aussi ce matin le nouveau dirigeant du gouvernement Matteo Renzi annonce que ses réformes représentent « la seule chance pour le pays » (c’est la une de l’Unità ) et que, plus intéressant, l’Italie ne se fera pas dicter sa conduite par l’Union Européenne (la une de La Repubblica ) et une phrase de sa bouche plus marquante encore dans La Stampa : « la stabilité des écoles est plus importante que celle des comptes ».

Au point que, à la une d’Eleftherotypia en Grèce ce matin le leader de Syriza, l’extrême gauche, parle d’une nouvelle Europe, enfin !, applaudissant le ton du nouveau leader italien.

Deux phrases qui risquent d’incommoder la C hancelière allemande, si jamais elle lit la presse européenne dans l’avion qui la transfère de Jérusalem vers Londres ce matin, bien plus encore que la maudite photo de son évanescente moustache incongrue.

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