Tous les journaux internationaux, sans exception, titrent sur la Syrie après la visite des inspecteurs de l’ONU sur les lieux de l’attaque chimique

Les journaux américains sont de plus en plus convaincus d’une intervention militaire imminente. Le Washington Postpense que l’intervention sera de très courte durée, deux jours seulement, visant les cibles militaires du régime de Damas. Pour le New York Times, il y a peu de doute aussi. Barack Obama va intervenir militairement mais, avertit le journal dans l’éditorial de sa dernière édition.

Si le Président décide de contourner l’ONU, il aura besoin d’appuis très solides de la part de la Ligue arabe et de l’Union européenne, et ce n’est pas gagné. « Une solution politique reste la meilleure option, car il y a des raisons très convaincantes contre une intervention profonde de la part des Etats-Unis ».

En Europe, également des points de vues contrastés ce matin

Les journaux de notre continent traduisent chacun dans leur langue le terme « obscène », utilisé par le secrétaire d’Etat John Kerry à propos des attaques chimiques. En Allemagne, le journal populaire Bild pose à sa Une la question d’une participation des troupes allemandes. « Pourrions-nous vraiment ne pas intervenir une fois de plus ? »

Le journal populaire est inquiet, surtout en raison de la présence de soldats de la Bundeswehr stationnés en Turquie, tout près de la frontière avec la Syrie.

Le Soir de Bruxelles rejette la comparaison avec d’autres conflits récents dans la région –l’invasion de l’Irak est rappelée jusqu’à la nausée comme l’argument négatif ultime. « Cette comparaison est tragique pour les Syriens », dit le journal belge. Les Américains avaient envahi l’Irak sous prétexte d’armes de destruction massive qui n’y étaient pas, et ils y ont provoqué une guerre sectaire, cruelle, qui a dévasté le pays. En Syrie, les armes de destruction massive sont utilisées, et une guerre sectaire s’y est développée, sous l’afflux de djihadistes étrangers profitant de la passivité occidentale.

Une tribune de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair dans The Times –intéressant car il avait joué un rôle majeur dans l’intervention en Irak

Dans The Times, Tony Blair, émissaire au Proche orient, écrit clairement qu’il est temps d’arrêter de se tordre les mains en se demandant quoi faire.

Il faut agir. « Après les campagnes difficiles en Irak et en Afghanistan, je comprends mieux que quiconque toute tentation de rester à l’abri d’une autre catastrophe. L’Occident est à un carrefour, déterminer ce qui se passe ou simplement réagir après coup. Les forces qui nous ont combattus en Afghanistan et en Irak sont au cœur de la tempête aujourd’hui encore et il faut les vaincre, peu importe la durée, sinon on va se retrouver devant d’autres carrefours encore plus dangereux dans l’avenir ».

Les journaux russes ont un son de cloche évidemment différent

Il y a même un entretien avec le président Assad à la Une de Izvestia, où il tient dans un premier temps à rassurer son principal partenaire commercial –tous les contrats avec la Russie seront respectés– c’est la Une même du journal. « Nous sommes un Etat indépendant et nous poursuivrons la lutte contre le terrorisme ». Le président al-Assad qualifie les accusations proférées contre la Syrie sur l'usage des armes chimiques de « totalement politisées », précisant qu'elles interviennent après la progression réalisée par l'armée syrienne face aux terroristes, le tout avant de conclure sombrement.

« Les grands Etats sont capables de déclencher les guerres mais sont-ils capables de remporter la victoire ? »

Plus léger dans la presse ce matin

Pas évident, vue la menace qui nous pend au nez, mais le Süddeustche Zeitung évoque un nouveau thème de la campagne pour les élections allemandes le mois prochain - le végétarisme. De plus en plus d’Allemands sont des Flexitarier, « flexitariens », voulant doser leur consommation de viande, manger moins et manger mieux.

Les Verts allemands sont même allés jusqu’à proposer une journée sans viande par semaine dans les cantines. Ceci a provoqué une intervention pour le moins étonnante de la part de la chancelière et néanmoins candidate Angela Merkel dans un meeting : « Les gens qui ne peuvent pas décider s’ils mangent de la viande ou non n’ont pas besoin de voter pour nous. »

Etre végétarien c’est très difficile dans le pays du Schnitzel, rappelle le journal bavarois, l’Allemand ayant beaucoup de mal à renoncer à son escalope panée.

En effet, depuis la déclaration de la chancelière les sondages à ce propos inondent la télévision allemande avec très souvent le mot – niemals ! Au grand Jamais !

L’initiative des Verts a néanmoins reçu un soutien plutôt inattendu, celui de la part de Christian Rauffus, dirigeant de l’une des plus grosses fabriques de saucisses. Dans le Handelsblatt, journal économique, il affirme « il est clair que nous, Allemands, nous mangeons trop de viande, trop de sucre et de trop d’alcool ».

Il faut revenir au Süddeustche Zeitung pour comprendre les dessous de l’affaire, son entreprises est sur le point de sortir dans les rayons des supermarchés allemands, un Soja schnitzel, des escalopes au soja.

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