Quelles réactions dans la presse européenne sur le nouveau gouvernement de Manuel Valls ?

Le reste de l’Europe continue de regarder bouche-bée ce qui se passe en France. « Qui es-tu, Emmanuel Macron ? » demande par exempleLa Libre Belgique . Eh bien c’est un « fedelissmo », un fidèle parmi les fidèles de François Hollande,explique La Repubblica à Rome. Au journal belge de conclure que la nouvelle équipe constitue un virage à 180 degrés, tant sur la ligne politique qu’en termes de personnalités.

"Finie, la politique à la cubaine"

C’est le titre de l’éditorial deThe Economist , rappelant que le nouveau ministre de l’Economie trouvait l’idée de surtaxer les plus riches, proposée pourtant dans le programme de François Hollande, c’était comme vivre à Cuba, mais sans l’avantage au moins d’avoir le soleil. Le journal britannique conclut donc que le nouveau gouvernement est nettement plus « business friendly », favorable aux entreprises que le précédent.

A Madrid,El Pais consacre son éditorial à ce gouvernement de technocraticos. Il n’y avait pas d’autre alternative, je cite, que « de virer les ministres rebelles, nationalistes, protectionnistes », mais, conclut le journal espagnol, « la tâche va être rudement difficile ».

C’est tout le contraire, entre parenthèses, des problèmes auxquels est confrontée actuellement la ministre de l’Economie norvégienne, à la une duAftenposten ce matin qui, elle, ne sait plus quoi faire avec ce que le journal d’Oslo appelle si joliment « son sac volumineux rempli de l’argent du pétrole ». Siv Jensen est assaillie en ce moment par les appels de nombreux économistes qui l’enjoignent à dépenser plus.

Scandale en Grande-Bretagne

A la une partout ce matin l’exploitation sexuelle de 1.400 enfants dans la ville de Rotherham. Les autorités ont fermé les yeux sur un trafic perpétré par un gang de prédateurs d’origine pakistanaise. Le journal populaireThe Sun frappe le plus fort, montrant sur sa première page une jeune fille vue de dos et qui regarde les jolis paysages vallonnés du Yorkshire sous la une, « j’ai 13 ans, j’ai été violée, battue et vendue, pourquoi je n’ai pas droit à la justice ? » __

The Mail est indigné ce matin qu’autant d’enfants aient été trahis, je cite, « par tous ces lâches obsédés par le politically correct qui n’osaient pas dénoncer ce qui se passait, de peur d’être accusés de racisme ».

Démission du maire de Berlin après 13 ans !

Berlin sans Klaus Wowereit ? Difficile à l’imaginer, tant ce maire a été synonyme du Berlin branché. Plusieurs journaux rappellent sa phrase célèbre « Berlin est pauvre, mais sexy ». Il s’en va, et c’est bien ainsi, commente le Tagezeitung , journal de gauche, paraphrasant l’autre phrase connue de ce maire, de gauche aussi, et qui avait fait son coming-out juste avant son élection il y a 13 ans disant, je suis gay et c’est très bien comme ça. « Das ist auch gut so ! »

Le journal compare son départ à un vieux canapé que l’on a beaucoup aimé, que l’on laisse à la déchetterie, se disant que c’est dommage mais inévitable. Depuis trop longtemps il ne semblait plus voir la longue liste de ses échecs, notamment le nouvel aéroport de Berlin qui n’en finit plus d’être dans les starting-blocks. Die Zeit le montre hier, annonçant sa décision, les larmes aux yeux, sous la une – « à vous de faire le ménage », l’équivalent allemand plus au moins de …… après moi le déluge. Der Spiegel conclut : « il était tellement cool qu’il a oublié de gouverner », et au journal de fustiger son grandiose je m’en foutisme, « Wurstigkeit », terme qui nous permet de renouer avec un thème récurrent de la saison précédente, car pour dire je m’en fous en allemand, on dit, es ist mir wurscht », cela m’est saucisse.

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