La presse espagnole rend hommage à Paco de Lucia

« Lo demas es silencio », « Tout le reste est silence… ».

El Pais revient sur la carrière de celui qui étudiaitla guitare flamenco comme une enquête minutieuse . Enfant, il s’est plié à un apprentissage rigoureux, obstiné, inflexible. Ce virtuose énigmatique, imprévisible par moments, s’inscrit dans ce que le journal madrilène appelle l’esthétique del duende - mot qui a même gagné un concours une fois comme le mot le plus intraduisible de la langue espagnole -, un esprit qui vous habite comme un démon avec son charme mystérieux.

El Mundo parle aussi du profond mystère du son flamenco dont Paco de Lucia était sans conteste l’artiste le plus reconnu au niveau international . __

ABC parle de sa relation complexe avec sa guitare. Il était en période de repos, il se privait de temps en temps d’elle, de sa lumière, de son ombre. Elle était son trésor et son calvaire. Cette guitare qu’il désignait lui-même comme « hija de la gran puta », fille de la grande pute responsable des callosités dans ses mains. Elle l’empêchait de vieillir, elle exigeait toujours plus.

Ailleurs aussi les journaux lui rendent hommage, comme Le Temps en Suisse : « il suffit qu’il s’asseye sur une scène, qu’il replie sa jambe droite sur la jambe gauche, un gilet noir sur une chemise blanche… Il suffisait qu’il parcoure d’un geste de chirurgien ce manche imperturbable pour que cet homme vous fasse croire au bonheur… »

Les Suisses ont néanmoins d’autres soucis à leur Une

Notammentles représailles de Bruxelles après le référendum helvétique sur les travailleurs migrants commencent à se faire sentir . Le Temps __ donne un cas précis: Alice, une étudiante lausannoise. Son rêve devait s’accomplir en septembre: partir un an à Paris, « l’aboutissement idéal de mes études de master en littérature française, et tremplin vers des opportunités professionnelles et culturelles inédites, riches, foisonnantes… Et non. Pour moi, pour des milliers d’étudiants suisses, le vote du 9 février est un couperet. Sa lame, sans prévenir, a tranché nos projets à peine nés ». La suspension d’Erasmus Plus et d’Horizon 2020 est une menace sinistre. Et pas seulement pour les étudiants. Stagiaires, écoliers, employés en formation continue, chercheurs, professeurs, l’entier du monde universitaire et de la formation sera miné par ce vote si la Suisse devait être définitivement exclue de ces accords.

A peine revenue de Jérusalem, voilà la chancelière allemande chez la Reine

« Willkommen Mrs. Merkel », l’éditorial du Times ironise. Jamais depuis Waterloo, lorsque le feld-maréchal Blücher a sauvé la peau de Wellington, les Britanniques n’ont mis autant d’espoir dans l’intervention de l’allié allemand, cette fois-ci pour soutenir David Cameron dans ses tentatives de réformer l’Union Européenne. Le tapis rouge le plus vermeil qui soit, tea with the Queen, déjeuner au 10 Downing Street, allocution devant les deux chambres. __

The Guardian souligne cruellement le contraste avec la visite de François Hollande le mois dernier qu’on a emmené vite fait au pub après un sommet qui eut lieu dans un champ exposés aux 4 vents au milieu du Oxfordshire. Au cas où l’impératrice de L'Europe ne l’aura pas compris, je cite le journal, on est en train de la « butter up » (cela pourrait concourir aussi comme idée intraduisible, beurrer ou tartiner quelqu’un dans le bon sens du terme).

L’importance de cette visite pour les Allemands peut être mesurée par l’absence totale d’articles dans la presse sur place ce matin. Bisbilles en revanche entre les journaux allemands et italiens. Il Corriere della Sera n’a pas du tout apprécié le fait que le Tageszeitung souligne les ressemblances entre le nouveau chef de gouvernement italien, Matteo Renzi, et Mr. Bean . En toute objectivité je donne plutôt raison au Tageszeitung.

The Independent dresse ce matin la liste des 50 choses qui énervent les Britanniques

Un sondage auprès de 570 personnes qui situe mes compatriotes dans un état d’ire quotidienne permanente. Parmi les choses qui les tracassent : la mauvaise grammaire et les Américanismes façon Justin Bieber dans les tweets, les DVD fitness faits par des célébrités de la liste Z, des machines qui font du pain, des vêtements pour les animaux domestiques, les caisses automatiques dans les supermarchés où tout foire puisque votre banane n’a pas de code barre, et surtout, je cite, le fait de devoir se frayer un chemin à travers une cohue de jeunes adolescentes obsédées par la télé reality se prenant en photos sur leur iPhone façon selfie dans les entrées des toilettes des pubs. C’est pointu !

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