Ce qu’il n’y a PAS dans les journaux européens

Pratiquement rien sur le plan de relance de 315 milliards d’euros annoncé hier par Jean-Claude Juncker pour relancer la croissance en Europe. Je n’ai pas vu un seul éditorial, et il faut vraiment fouiller dans l’équivalent des pages saumon d’El Pais à Madrid, par exemple, les première pages autrement accaparées par la démission hier de la ministre de la Santé espagnole impliquée « peut-être », ce n’est pas sûr, dans une affaire de corruption.

Même chose dans la Stampa , qui titre beaucoup plus sur le chaos au sein de Forza Italia, imbriquée dans des luttes internes.

The Guardian, l’un des journaux les moins europhobes d’outre-Manche pourtant, en parle, mais pas en bien, estimant qu’il aurait mieux valu bombarder non pas les banques mais les gens, « to cash-bomb people », pour compenser toute une décennie perdue à cause de l’austérité.

The Express accueille mal ce plan de relance

La rédaction devrait prendre des calmants car on imagine avec quelle rage ils ont martelé sur la touche majuscules pour leur une ce matin sur le fait que la Commission Européenne songe à demander ENCORE 34 milliards de livres au Royaume-Uni pour compenser un trou noir massif dans ses finances.

Ajoutez le fait que dans son discours d’adieu à Paris, le futur ex Président du Conseil, Hermman von Rompuy, a affirmé que l'Union Européenne pourrait survivre sans le Royaume-Uni mais pas sans la France, et rebelote les majuscules.

Pour une fois, The Daily Mail ne suit pas The Express , préférant consacrer sa une à ces femmes britanniques sveltes qui préfèrent se blottir dans les bras de leurs maris potelets, « chubby hubbies ».

Le plan de relance de Jean-Claude Juncker, on en parle au Luxembourg

Pas des masses, mais papier intéressant dans Le Quotidien ce matin sur les retombées de Luxleaks. Trois semaines après la révélation d'accords fiscaux très avantageux passés entre l'État et plus de 300 multinationales, l’affaire semble ne pas émouvoir outre mesure les Luxembourgeois.

À Esch, au milieu des chalets de Noël, un café à la main, un trentenaire réagit : "C'est facile de taper sur les petits pays, mais les arrangements derrière les portes fermées, c'est partout. Un autre embraie : "Oui, le Luxembourg est un pays privilégié au niveau des impôts, mais Hollande n'a qu'à moins taxer en France !"

Vous terminez avec les unes bruxelloises

Si seulement Guillaume Meurice était belge, son billet se serait écrit tout seul ce matin.D’abord, toutes les unes sont sur un accord secret portant sur la réforme de l’Etat et le doute semé par le nouveau Ministre fédéral de la Sécurité et de l'Intérieur qui s’appelle Jan Jambon. Pain béni, donc, pour un humoriste, tout comme le papier dans Dernière Heure sur la façon dont la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté germanophone de Belgique comptent plaider pour que la culture de la frite belge soit inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO.

Lors de la 4ème Semaine de la frite, du 1er au 7 décembre prochains, une pétition populaire (semainedelafrite.be) soutiendra cette demande.

Les frituristes wallons traitent chaque jour 130.000 kilos de pomme de terre . Rien que pour fournir la Wallonie en frites pendant un an, l’équivalent de 2.000 terrains de foot de pommes de terre sont nécessaires. Avec des papiers comme ça dans leurs journaux, Guillaume Meurice, vous êtes sûr que vous n’êtes vraiment pas un peu belge sur les bords ?

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