Il est rare que la presse européenne titre sur des affaires en dehors de L'Union Européenne, pourtant c'est le cas aujourd'hui

Beaucoup de unes ce matin sur Dilma Rousseff, réélue présidente du Brésil – « una lider indestructible ! ». « Certes », selon El Mundo à Madrid, « mais d’un pays coupé en deux » pour il Corriere della Sera à Milan.

Sinon l’Ukraine qui hier, certes, « a voté pour l’Europe comme dit le Frankfurter Rundschau , - mais, comme dit Der Spiegel , c’est une victoire amère . Toujours en Allemagne, c’est Die Zeit qui personnalise la fracture du pays en donnant la parole à un père : « j’ai deux fils, l’un est séparatiste, l’autre est fasciste ». Beaucoup de unes là-dessus, mais pas beaucoup de commentaires.

Les éditorialistes du lundi tentent vaillamment de rendre « sexy » le verdict de la Banque Centrale Européenne sur la fiabilité des banques de notre continent.

Le mot « stress test » en alphabet latin saute aux yeux parmi les caractères grecs sur la première page de Ta Nea à Athènes. Certains ont déjà du mal de rendre ces résultats prononçables – « Stressfest nach Stresstest », dans Der Standard à Vienne qui se félicite néanmoins de ces analyses qui ont ouvert des cicatrices, mais qui tels des rayons X concentrés, proposent un diagnostic sans appel aux institutions bancaires en délicatesse. Soit vous réglez votre problème de circulation sanguine, soit on vous coupe la machine.

Dans le genre super heureux, on ne fait guère mieux que ABC à Madrid qui cite Mariano Rajoy, le premier ministre, pour lequel les testos de estres ont prouvé que le système financier espagnol est « estupendamente », prodigieusement, bien.

Comme souvent, c’est un titre hors de L'Union Européenne qui applaudit le plus fort. Le Temps en Suisse se félicite de ce véritable succès européen. La réalisation d’un exercice aussi volumineux que complexe qu’est l’examen de 130 banques montre que l’Union Européenne sort renforcée de la crise.

L’éditorialiste du Jornal de Noticias au Portugal a fait son propre stress-test

Un éditorial beaucoup plus personnel, mais d’autant plus frappant.

Il y a quelques jours, Paula Ferreira est allée à la banque pour essayer de comprendre comment elle pouvait gagner de l’argent avec ses petites économies :

Grande fut ma surprise quand le greffier me dit, dans un discours digne d'un professeur de finance, que la banque ne finance plus les petits dépôts. De façon alambiquée, il m'a informée qu'ils ne sont pas intéressés par mes économies. Tout ceci est de la faute de la BCE et de ses taux d'intérêt à des niveaux jamais vus car Europe est au bord de la déflation. Je sors, nous sommes à la fin du mois d’octobre, je vois des gens en bikini bronzer et manger de la crème glacée, comme si nous étions en plein milieu du mois août. C’est le monde à l’envers.

A slow news day, donc ?

Certains titres tentent la provocation, le comico-politico italien Beppe Grillo est toujours une source féconde et la Stampa le cite à sa une ce matin, affirmant hier devant des partisans que la Mafia devrait être cotée en Bourse car, les mafieux, les hommes d’affaires, c’est la même chose.

D’autres journaux comme La Vanguardia jouent avec nos nerfs, en posant la question : les moustiques peuvent-ils transmettre l’Ebola ? , avant de rassurer ses lecteurs qu’il y a de bonnes raisons de se méfier de ces insectes importuns, mais la peur de contracter l’Ebola n’en fait pas partie. Un estres de moins donc.

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