Le ton monte d’un cran chaque jour dans la presse européenne sur la Syrie, tout le monde dans l’expectative d’une intervention militaire

Tout comme l’empereur Néron qui continuait à jouer du violon pendant l’incendie de Rome, il y a une drôle d’ambiance dans la presse européenne ce matin. Unes et éditoriaux parlent de la Syrie, en disant plus ou moins la même chose, mais de façon un poil plus urgente que ces derniers jours.

J’ai regardé, donc, les unes plus nationales, où les images d’incendie ne manquent pas.

Parfois, c’est la nature qui s’embrase littéralement. Plus de 61 000 hectares de forêts ont brûlé au Portugal depuis le début de l’année – 40 000 hectares pour le seul mois d’août, c’est sur la première page de Publico à Lisbonne. Le 25 août, dimanche dernier, fut le pire jour de l’année avec 362 incendies répertoriés dans tout le pays, écrit le journal, le tout pour un coût estimé à 74 millions d’euros.

Des tempêtes cette nuit sur l’Italie

La Repubblica publie une image incroyable prise hier soir sur Gênes avec des éclairs et la foudre qui s’abattent sur la ville -c’est vraiment impressionnant !

Le journal titre sur les orages et les trombes de pluie qui sont tombées notamment sur la capitale, Rome.

Puis image encore plus étonnante à la une du Berliner Morgenpost : Berlin sombre sous la mer –eh oui– si la glace polaire fond, se demande le journal, un peu bizarrement peut-être vu le contexte international autrement plus inquiétant, le niveau de la mer s’élèverait de 66 mètres. On voit une carte de la capitale allemande sur la première page, enfin ce qu’il en resterait, c’est-à-dire pratiquement que la tour de la télévision – haute, elle, de 368 mètres. Hambourg ? "Auf Wiedersehen", rien du tout, tout comme les Pays Bas, New York etc. Le quotidien tient tout de même à rassurer son lectorat que c’est un scénario qui risque de se produire d’ici quelques milliers d’années éventuellement et ceci seulement si l’on continue à maltraiter notre environnement.

Puis en Grèce la une que l’on n’attendait pas non plus

Nous sommes toujours dans l’image de l’incendie, dans Eleftherotypia, l’un des principaux journaux d’Athènes, qui proclame –« la Grèce est un bastion de stabilité dans une région en flammes ». C’est du moins ce qu’a déclaré le premier ministre Antonis Samaras au président Papoulias, en évoquant les sources de conflits chez les voisins turcs et du Porche Orient. C’est un changement à 180 degrés par rapport à ce que l’on disait de la Grèce il y a un an seulement, affirme le premier ministre.

Puis vaguement dans le coin aussi, en Autriche ce matin, dans le genre « l’incendie que l’on n’éteint plus », Der Standard titre sur les pertes record de la banque autrichienne, Hypo – plus de 800 millions d’euros et pas de pompiers en vue.

D’autres titres encore plus étonnants atteignent les premières pages ce matin

A Dublin The Irish Times vante à son lectorat les mérites du broccoli dans la lutte contre l’arthrite. Le journal cite le président de la société irlandaise de rhumatologie qui a détecté dans ce légume une substance efficace qui empêcherait la maladie qui frappe un irlandais sur cinq, 34% des femmes, contre 23% des hommes.

En attendant le débat jeudi aux Communes sur une intervention en Syrie, les journaux britannques parlent de quoi ?

The Daily Mail tente de rassurer ses lecteurs que le monde ne va pas si mal que cela car sur sa première page on voit des images de la Duchesse de Cambridge faisant ses courses dans un supermarché, « comme tout autre maman un mardi après-midi », sans pour autant, constate le journal, la présence d’un certain bébé installé sur son chariot.

Puis nous avons The Express, journal qui a un lectorat que l’on qualifie toujours d’un certain âge, middle aged, l’âge du milieu en anglais, qui se rebiffe. « Il n’y a plus de middle age ! » claironne le journal et ceci selon 53% des britanniques, et le sondage a porté sur les gens de tous les âges.

Pourquoi ? Tout simplement parce que nous sommes plus sains, nous vivons plus longtemps. Le journal évoque néanmoins les signes qui indiquent que l’on est en train de vieillir –ne rien comprendre à la technologie ni à ce que racontent les jeunes, avoir besoin de faire de petits sommes tout le temps, détester les pubs trop bruyants, choisir les vêtement pour le confort plutôt que pour le style, puis les deux signes les plus marquants : se dire que les gendarmes ont tout de même l’air très jeunes par les temps qui courent et puis, signe peut-être plus britannique, se munir toujours d’un thermos de thé, ce qui m’inquiète considérablement parce que je me suis tâté pour le faire justement en venant à nouveau tôt le matin à France Inter…

Pas de New York Times du tout ce matin

Toujours rien sur le site du quotidien new-yorkais, "probablement" victime d'une attaque, selon le porte-parole du journal, de l'Armée syrienne électronique, qui a déjà attaqué les systèmes informatiques de plusieurs médias, et qui serait à l'origine de la panne. Premier signe d’ordre technique, en attendant que le vrai conflit s’embrase dans les prochains jours.

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