Les journaux européens ne savent pas quoi dire sur le séisme au Népal

C’est l’impression qu’on a, tant la situation est incertaine et effroyable . On n’essaie même pas de compter les morts, 4.100 selon la une de La Repubblica , 6.000 selon celle de Corriere della Sera déjà dans la presse italienne.

Du coup, par-ci par-là, on propose quelques vidéos prises sur des smartphones au milieu des décombres, mais on a franchement l’impression d’être un voyeur si on clique dessus, devant tant de malheur humain.

Les 4 derniers sondages sur les élections britanniques qui sont totalement contradictoires

C’est la une de l’Independent. Du coup, la presse de droite panique. Elle avait toujours imaginé que les conservateurs feraient un bond en avant pendant la campagne, ce qui n’est pas le cas. Du coup, les angles sont extravagants.

The Express fait sa une sur la visite, tard hier soir, du leader travailliste chez un jeune humoriste en vogue, dans sa maison de luxe qui vaut deux millions de livres, proclame la une, outrée.

The Mail tente de galvaniser son lectorat en affirmant que la promesse travailliste de mieux réglementer les loyers est stalinienne. Quant à David Cameron, The Telegraph note qu’il a repris des forces hier. Trop même peut-être, usant d’un langage très cru, « Je me sens foutrement vigoureux », « I feel bloody lively ». Enfin un peu de passion, mais c’est quelque peu angoissant, concède le journal. Le visage du premier ministre est écarlate. Son front reluit. Ses globes oculaires bulbeux, bref, David Cameron s’est mué hier en une sorte de Hulk rouge vif.

Quant aux autres candidats, celle qui risque de semer la zizanie avec 50 sièges de prévus, la dirigeante des indépendantistes écossais, Nicola Sturgeon. Un journaliste de la BBC lui a demandé hier – si l’Angleterre joue contre l’Allemagne dans un match de foot, vous êtes pour qui ? « Probablement l’Angleterre » a-t-elle répondu. « Probably England ». Adverbe qui est resté à travers la gorge du London Evening Standard .

Cela ne va pas mieux en Grèce

Le premier ministre Tspiras enlève du pouvoir à son turbulent ministre des Finances, Yanis Varoufakis, après les heurts vendredi dernier à Bruxelles . Il est « placé sous administration surveillée » selon le titre énigmatique de To Vima . Celui pressenti pour le remplacer dans les négociations, Euclide Tsakalotos, est regardé avec effroi par Die Welt : « un marxiste va sauver la Grèce de la faillite », s’exclame le journal allemand, incrédule. __

The Economist britannique voit des occasions de faire de l’argent avec un papier sur l’économie hellénique « contusionnée ». Les investisseurs de la smart money, « l’argent intelligent », adorent les unes terrifiantes. Plus un pays est mal aimé, plus on sous- estime ses atouts, et plus on peut faire de l’argent lorsqu’enfin tournera la roue de la fortune.

C’était hier la fête du roi aux Pays-Bas

C’est le jour où la presse néerlandaise épuise ses cartouches d’encre orange et propose sinon toutes sortes de vidéos tournées par des fêtards en état de plus ou moins légère ébriété, souvent moins en ce qui concerne les séquences filmées sur les très photogéniques canaux d’Amsterdam.

De nombreux clichés du couple royal aussi, le roi décidé à ne rien boire d’alcoolisé de la journée et la princesse Marilène se délectant d’une fricadelle royale, spécialité un peu sèche qu’on ferait mieux d’éviter si l’on tient à citer le Algemeen dagblad sur « tout un peuple rayonnant sous le soleil d’un bout à l’autre du royaume », « zonnig en gelukkig van dordrect tot utrecht in prachtige weer » .

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