Entre la fin de Berlusconi et le nouveau gouvernement allemand, ce n’est plus une slow news week

La Repubblica pointe à sa Une l’heure très précise :17h43 minutes pile, où Berlusconi s’est retrouvé fuori –dehors-, dans la rue , devant le palais Madame, destitué définitivement de tout. Sans doute pour la dernière fois, donc, les pages italiennes sont remplies de berlusconneries extravagantes, comme ces députées toutes de noir vêtues en signe de deuil, ou les échos des vidéos où l’on entend il Cavaliere parler de « peloton d’exécution ».

La presse est très négative ce matin à son égard, il faut sans doute regarder ses chaînes de télévision si vous voulez des avis plus enflammés.

La Stampa essaie de comprendre le psychodrame que vient de vivre l’Italie qui a cru si longtemps à ce Charlie Chaplin de la politique : pourquoi ? « Parce qu’il a su incarner mieux que quiconque notre révolte nationale contre l’Etat qui est ce sempiternel adversaire, cet ennemi que vous ne pourrez jamais vaincre mais contre lequel on peut légitimement au moins se battre, par tous les moyens ».

L’Unità donne la parole au politico-comique Beppe Grillo, qui aimerait tant placer Berlusconi dans la lignée des « grands », genre Saddam Hussein, Kadhafi . Mais non, « c’est la fin d’un homme banal, ce grand patron de l'anarchie et de la malhonnêteté qui a vendu une nation, qu’il aura verrouillée, plâtrée pour mieux la spolier. In memoriam ».

Ailleurs qu’en Italie, les unes sont grandioses, « Grandeur et décadence d'une success story à l'italienne », dans Le Matin suisse, les traductions et métaphores autour du mot « crépuscule » sont jolies, « les commentaires sans pitié » résume tout simplement Die Welt en Allemagne qui conclut que c’est un homme qui a « assombri » son pays.

L’Allemagne qui a une nouvelle Grosse Koalition !

La « GroKo » pour les intimes, cela circule depuis hier. Partout la photo d’Angela Merkel entouré du leader de la gauche et de la droite bavaroise: « le valet, la Reine et le Roi, que la partie commence ! » comme le dit Der Spiegel.

Le Frankfurter Allgemeine Zeitung n’a pas peur de mélanger les métaphores ce matin, allant de « la grande brasserie » à « la corne d’abondance avec laquelle le gouvernement va saupoudrer le pays aux œufs pas trop cuits pour que la gauche accepte de rester à bord ».

Die Zeit est plus pessimiste : « l’harmonie ne va pas durer très longtemps car les compromis ne sont guère étanches » , notamment sur le salaire minimum, les retraites – on sent déjà l’eau passer dans les failles.Le Süddeutsche Zeitung, à gauche, est le plus négatif ce matin, titrant, nous avons un gouvernement, mais à quel prix ? Celui de la protection de nos données et de nos droits fondamentaux.

Die Welt, à droite, n’est pas convaincu non plus mais, mais pour d’autres raisons : « L’Allemagne n’est plus un modèle pour l’Europe, comme un professeur imbu de sa personne nous prêchons l’austérité à autrui, mais voilà que nous allons engraisser notre Etat Providence, au lieu de faire le régime qui s’impose ».

Pas trop de commentaires ailleurs sur la GroKo, remarquez que la presse britannique par exemple n’a guère la place , applaudissant en général le fait que David Cameron entende défier Bruxelles et refuser le tourisme des allocations aux bulgares et aux roumains qui sont sur le point d’arriver par « hordes » dans 5 semaines sur place.

Puis le maire de Londres qui a déclaré hier que le fossé entre les riches et les pauvres est normal car, dit Boris Johnson, « des millions de personnes sont tout simplement trop stupides pour réussir dans la vie ». Berlusconi est peut-être parti, mais dans le genre, la nature abhorre le vide.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.