Il y a de quoi être quelque part entre apoplexie et apocalypse ce matin , à lire la presse européenne.

Prenez les nombreuses bisbilles entre Bruxelles et les différentes capitales, chaque pays pensant évidemment qu’il est le seul à avoir des problèmes. Le cas du déficit français semble réglé. Désolé de vous le dire, mais De Telegraaf, aux Pays-Bas, résume le sentiment général avec son titre : « la France s’incline, s’agenouille même devant Bruxelles ».

L’Italie sera la nouvelle Grèce, on lit ça un peu partout, et le ton monte en effet sur place . La Repubblica parle d’une rencontre surréaliste hier entre les syndicats et Matteo Renzi qui leur a dit en gros : « c’est moi qui gouverne, pas vous ». Puis dans le journal Il sole 24 ore , tout un article où le Président de la Confédération de l’industrie Italienne qui s’appelle joliment Signor Squinzi, affirme que ne pas respecter les paramètres de l'Union Européenne ne serait pas la fin du monde.

De quoi présager un peu partout ce que Publico , à Lisbonne, appelle, ayant recours à tout le poids des sonorités lusophones, « o chumbo » , du plomb budgétaire.

Les Britanniques ne sont pas contents

« Apoplectique » n’est pas un mot assez fort pour décrire l’état de rage dans lequel se trouve The Express ce matin. Bruxelles se prend pour le tyran de l’école, « bullying Brussels », osant demander au Royaume-Uni une rallonge budgétaire d’1,7 milliards de livres sterling.

« L’Europe va tout droit », si l’on en croit The Times, à peine plus retenu dans la verve de son invective, « vers un nouveau moment Thatcher », « a Thatcher moment ».

Puis, en matière d’immigration, le ton dans la presse d’outre-Manche devient chaque jour plus sombre. Un ministre conservateur hier a affirmé que le pays était inondé d’immigrés, « swamped » – « a swamp » étant un marécage. On sent à travers les lignes que The Mail , notamment, n’est pas entièrement défavorable à l’emploi de ce terme.

Scandale politique en Espagne

Le numéro deux du parti populaire à Madrid aurait des comptes secrets en Suisse. ABC , à droite, est apocalyptique. « La régénération morale de l’Espagne doit être chirurgicale, voire traumatique ». « Notre pays est tourmenté », « convulsionado por la corrupción pública qui atteint des niveaux pandémiques ».

Allons en Belgique et l’on imagine la joie avec laquelle les conseillers municipaux francophones de la périphérie de Bruxelles prendront connaissance des unes ce matin : « Bientôt un gendarme linguistique flamand dans chaque réunion pour veiller au respect de la législation sur le bilinguisme ».

Les unes allemandes ? Moins drôles, toutes sur les heurts à Cologne où fans de foot et extrémistes de droite ont manifesté ensemble contre l’islam . « Sans foot, sans Dieu », c’est le titre qui surplombe l’éditorial du Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Heureusement qu’il y a les Danois

Ils sont indignés, mais pour des choses plus sympathiques. A-t-on vraiment besoin de dépenser 330 mille de nos euros pour la recherche sur des créatures aussi subaquatiques que surréelles ? L’objet de cette recherche nous regarde, dûment perplexe, depuis le fond des océans sur la première page de Politiken . On comprend la réticence du quotidien de Copenhague, vu d’autres projets financés récemment sur, par exemple, la conception des jouets sexuels, ou consacrés à la question : les noctambules sont-ils plus psychopathes que les autres?, ou encore le saignement du nez chez les porcs, ou même les pets des harengs.

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