Un titre du Morgunbladidà Rejkjavik résume la presse européenne

« L’état frénétique des choses folles » C’est le titre d’un article sur les contradictions de l’économie islandaise qui décrit, involontairement certes, le ressenti après avoir parcouru la presse européenne ce matin. Il y a des jours, comme hier, où les thèmes sautent aux yeux : les nombreux papes et l’Ukraine. Aujourd'hui, je ne pense pas avoir vu la même une dans la cinquantaine de journaux que je parcours chaque matin. Certaines sont franchement hermétiques et google translator n’est pas toujours d’un grand secours. Prenez celle, particulièrement impénétrable du Svenska Dagbladetà Stockholm « Les feuilles peuvent pointer dans le sens de l'humour. Reinfeldt refroidir quand Löfven devient excité comme il obtient les reniflements avec le comité de sélection de maladie vésiculeuse du porc. » Google translator - très utile dans mon travail, est parfois carrément à côté de la plaque. La une du Aftenpostenà Oslo en VO parle d’une razzia i sexbutikk ereksjonspiller , le tout sur une photo de quelques comprimés suspects. On croit avoir saisi le fond de l’affaire, pas google translator, en revanche, qui traduit ereksjonpiller en français comme vecteurs de « constructions dangereuses ».

Ca va dans tous les sens. La Tribune de Genèvefait sa une sur l’égyptologie avec 30 enfants royaux découverts dans la vallée des rois. Die Presseà Vienne est inquiet devant la prolifération de chenilles processionnaires du chêne dont le contact cause des réactions très fortes sur la peau de nombreux autrichiens en ce moment. The Guardian britannique s’insurge contre les incohérences d’une taxe appliqué aux fusils de chasse à la grouse, ou consacre un autre article aux interrogations d’un journaliste, un homme de 57 ans, turlupiné par la question, suis-je trop vieux pour porter un jean ?

Du Schadenfreudeà la une d’Eleftherotypia

Joli mot pour « la joie devant le malheur des autres. Le journal d’Athènes brandit un rapport de la Bundesbank qui prévient : La récession frappe la porte de l'Allemagne et recommande vivement que les banques de la zone euro ne soient plus ligotées par les menottes de la Banque Centrale Européenne. La presse allemande, elle, continue à titrer vaillamment sur la troisième guerre mondiale qui aura ou n’aura pas lieu, mais avec des angles différents. LeFrankfurter Allgemeine Zeitung note le retrait des troupes russes à la frontière. Der Spiegelest indigné que l’ancien président Gerhard Schröder ait décidé de fêter ses 70 ans en compagnie de Vladimir Poutine et le Süddeutsche Zeitung fait sa une sur les craintes des Estoniens qui ont une grande minorité russe, sommes-nous les prochains sur la liste du Kremlin ?, se demandent-ils. Puis en Russie, contremesures face aux sanctions, Izvestia titre sur un projet de loi interdisant aux étrangers de parrainer des clubs sportifs, puis Nezavissimaia Gazeta cite Vladimir Poutine qui hier a promis de payer l'émigration de spécialistes militaires de L’Ukraine, notre République sœur, pour qu’ils s’installent en Russie.

Le meilleur restaurant du monde

C’est le titre que j’ai vu le plus souvent. Le restaurant Noma à Copenhague sacré une nouvelle fois hier. Sur place, Politikenmontre l’équipe souriante, avec le patron dont la joie s’est exprimée spontanément dans un mélange dano-anglais « Vi fucking gjorde det » en VO et là je n’ose même pas vous dire ce que google tranlsator m’a proposé en français. Sa photo est partout, sur la première page deLa Libre Belgiquequi est entre parenthèses, et accessoirement, le seul journal que j’ai vu ce matin qui titre sur le débat hier, retransmis sur Euronews où les 4 candidats à la présidence de la Commission Européenne ont croisé le fer. Je ne sais pas combien des 400 millions d'électeurs européens auront suivi les échanges entre Jean-Claude Juncker, Martin Schulz, Guy Verhofstadt et Ska Keller, mais on n’a pas franchement l’impression que les journalistes de notre continent étaient rivés devant leurs écrans.

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